28 septembre 2005
À l'échelle humaine

Ce matin, dans la file d'attente qui serpente devant le centre de prélèvement de l'Hôpital juif, je me suis retrouvée entourée de cette foule vieillissante inconnue mais en même temps si familière. C'est comme si j'ai retrouvé une personne, la même qu'il y a quatre ou cinq mois, lors de mes derniers tests, et que nous avons convenu d'avancer ensemble, côte à côte, sur notre bout de chemin. Je fais bien partie de cette foule hétéroclite et pourtant homogène dans sa condition.

Pourtant, un homme jeune, pour ne pas dire un jeune homme, n'a pas hésité d'abandonner sa place juste devant moi dans la file, en lançant un impatient: "Je démissionne ..." Il faut croire que sa jeunesse le tient à l'écart du tout, à moins que la somme du poids des âges autour de lui l'effraie tant et si bien qu'il a "démissionné"! Pendant ce temps-là, un autre homme plus très jeune, énonce tranquillement comme lorsque l'on veut impressionner tout en prenant sa voix la plus anodine: "C'est ma deuxième file d'attente depuis ce matin!" Le premier va vieillir un jour, le second prendra son temps, je le leur souhaite.

Cet après-midi, alors que je prend mon temps pour être au garage et faire changer les freins de ma voiture, mon médecin m'appelle déjà. Les tests sont rendus à son bureau par télécopie. Ne me dîtes pas que notre système de santé traîne de la patte! Demain matin, je la vois déjà. Je crois bien que je vais devoir changer de médication quand même, malgré ma perte de poids. Le diabète est insidieux.

Ce soir, première pièce de théâtre pour la saison, "Le Pont". Chez Jean-Duceppe, on n'a pas lésiné pour la mise en scène, mais la première partie de la pièce est trop longue pour une deuxième partie qui ficèle un peu trop vite, l'idée maîtresse se perdant en chemin!

Je lis le livre de Vacher sur la mort, sa mort tout proche. C'est tout à fait ce à quoi je m'attendais. Une vérité lucide, non pas la théorie bouddhique que je connais déjà, ni la catholique telle que l'on sais. Il faut quand même le dire, c'est la vision d'un athé qui a l'habitude de tout raisonner, avec sa dose d'humanité à l'échelle de l'individu.

Demain, nous partirons à Boston pour deux ou trois jours.

hier consulter les archives demain

retour à la page principale

> 1

Untitled