23 août 2005
Vives retrouvailles

Me voilà revenue de quatre petits jours de voyage à pas de géants! Au retour, il me semble être partie depuis une semaine ou deux quand même, ou peut-être que le temps commence à être une mesure très arbitraire pour moi! Sur mon bureau attendent cinquante-huit mails et les trois horaires sagement imprimés de mes fils.

Des draps tout propres m'attendent aussi, merci mon mari, même si tu n'étais pas là à m'accueillir à l'aéroport, me causant une petite déception, vite remédiée par ton arrivée quelques minutes plus tard, mais pas si vite oubliée. Il fait ça, prévoir le temps de passage à la douane, etc. pour arriver toujours très juste, pour ne pas attendre. Je sais maintenant, je ne veux pas qu'il m'attende dans le temps, mais bien d'être attendue et reçue par lui avant tout. Un détail capricieux, me direz-vous ...

Mais revenons à mon voyage! Samedi dernier, j'ai loupé mon avion! Trop à la course la veille, je m'étais mise à confondre l'heure d'arrivée avec l'heure de départ, sortant donc de mon lit à l'heure d'embarquement. Malgré notre course à toute vitesse, je n'avais pas encore ma carte d'embarquement, alors on ne m'a pas attendue. J'ai pu reprendre le vol de l'après-midi, après avoir retourné me coucher.

À l'aéroport, le mari de ma cousine est venu me chercher. Par le "beltway", nous contournions Washington, DC, pour aller au Maryland chez ma cousine, pour ensuite aller souper chez l'autre cousine. Une tablée de dix personnes à manger et à rire. Parmi eux je suis un peu décalée, surtout qu'ils se sont mis à jouer aux cartes tout juste après repas. Non pas les cartes "tứ sắc" comme j'en joue avec mes parents, mais les cartes de poker. Et j'ai gagné, il faut dire ...

Dimanche, toujours par le "beltway" en contournant DC, les cousins m'amenaient en Virginia, pour que j'y retrouve, la "plus petite de la classe" d'il y a quarante ans, ainsi que deux autres filles, maintenant femmes, accompagnées de maris, arrivées de Boston. L'une d'elles est même grand-mère. Et puis, nous partions, à deux voitures, chez la "plus grande de la classe", deux heures de route plus loin. Là, j'y retrouve aussi une autre qui est venue de San Diego. Celle-là n'était pas au rendez-vous mais je suis très contente de retrouver après un certain temps, les sourires, les mimiques de l'une et de l'autre, surgissant devant moi, comme dessinés à l'encre invisible, ineffacés et ineffaçables devant le temps. Vives retrouvailles ponctuées de fou rire. À travers nos lunettes, nous cherchons sur des photos en noir et blanc agrandies, nos minois de petites filles, avec tresses et rubans. Au milieu des souvenirs, des nouvelles des unes et des autres, de la vie, en somme. Brèves retrouvailles, puisque les unes et les autres doivent retourner le soir même à leur vie d'aujourd'hui. Je suis restée en arrière pour une nuit, dans cette maison de style "Nouvelle Angleterre", cossue sans exagération. Le voisin d'en face affiche un énorme drapeau américain.

Lundi, mon amie et son mari avaient pris congé pour l'occasion. Il m'ont fait faire le tour de ville de Richmond, de ses "communities" de banlieue plutôt, et de l'avenue des momuments de cette ville, capitale des sudistes, du temps de la guerre de Sécession. Ensuite nous partions pour Washington, DC, nous arrêtant à Arlington pour manger au buffet chinois. Nous sommes allés au musée Smithsonian, à la Freer Gallery. Les amis sont contents de l'occasion de photographier les statues de bouddha et les paravents japonais. Moi, je suis heureuse de la compagnie et de rattraper le rendez-vous manqué avec le musée, samedi dernier. À la fin du jour, ils m'ont amenée chez une autre amie, où j'ai soupé et discuté longuement avec sa mère de quatre-vingt sept ans. Au soir, l'amie m'a ramenée chez ma cousine, au Maryland. Au pays de l'automobile, il n'y a pas de moyen de faire autrement. Une autre fois, je louerai probablement une voiture, équipée de GPS, comme tout le monde, au lieu de me faire conduire partout.

Aujourd'hui, après une matinée à discuter avec une cousine qui a pris congé aussi pour l'occasion, elle m'a amenée à l'aéroport avec sa mère, ma tante. Je suis revenue, comme entendu, à ma vie d'aujourd'hui, moi aussi. Sauf que j'ai invité toutes les amies, et d'autres encore, à Montréal, pour leur long congé de Columbus Day, quelque part en octobre. Peut-être viendront-elles? Ou bien est-ce un autre jour. Ce qui est sûr c'est que je ne les perd plus de vue ou de contact.

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