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J'ai le sentiment de nager dans des eaux aux courants contradictoires, avec ressacs et tourbillons à des moments les plus inattendus. Trop d'émotions pour une journée!
Hier, tout juste avant la fermeture des bureaux, un officiel met un bémol dans un dossier, celui-là qui doit conclure ce matin, le jetant dans les limbes. Toutes les parties concernées attendent un coup de fil qui ne vient pas. Ce matin, très tôt, c'est moi qui a dû courir aux nouvelles, qui ne viennent pas non plus. Nous avions décidé de partir quand même pour nous approcher du lieu de rendez-vous, sous un ciel menaçant. De toute façon, nous devions passer à La Dolphine pour ramener le coffre qui s'installe sur le toit des voitures. Nos fils le réclament pour partir camper avec leurs amis dans deux jours.
Le rendez-vous de signatures n'a pas eu lieu. Nous chargeons le coffre sur le toit de ma voiture sous la pluie. Le téléphone sonnait. Au bout du fil le fils, l'absent que je nommais dernièrement. Il est catastrophé, son dossier a été refusé à ce collège publique, lui qui en été si sûr de l'issue. Nous aussi, nous étions abasourdis! Il devait recommencer les cours dans deux semaines, bien sûr, c'est impossible d'aller frapper aux portes d'autres institutions, si tard, surtout avec un dossier marqué aux fers rouges de ses frasques d'il y a trois sessions passées!
Nous revenions en ville en catastrophe, sous un ciel de catastrophes, pluie abondante et orages intermittents. Par les courroies imbibées qui retiennent le coffre sur le toit, l'eau s'égouttait dans la voiture aux quatre coins. Sur mon épaule droite, je ramassais l'eau par la tasse à café de carton. L'épaule gauche de mon mari prenait une douche. Les sièges en arrière écopaient le reste. Mais c'est bien le moindre de nos soucis! Nous discutions l'avenue du fils. Parfois, mon mari disait: "Arrêtes de parler! Laisses-moi me concentrer sur la route!" Visibilité nulle, je dirais, devant nous!
Au perchoir, nous avions oublié de manger. Réunion au sommet dans le salon: les trois fils et nous! Comment rectifier le tir pour tous? Comment en tirer une leçon? Qu'est-ce qui a dérapé et depuis quand? La conclusion est qu'ils ne travaillent pas assez hors des cours, qu'ils doivent prendre acte tous. La conclusion est aussi que nous les parents, nous n'étions pas assez exigeants quand ils étaient plus jeunes! Je vous assure, ce n'est pas moi qui le dit!
Après la levée de la séance, le fils se levait, préparait sa tenue, son discours, avec moi qui lui disait quoi faire. Il s'en allait à un autre collège, son ancien, celui dont il est issu. Il devait approcher le directeur avec le bon ton, comme si ça va de soi qu'il sera réadmis au programme. Et ça a marché! Il n'en revient pas de sa dernière chance. Les autres sont soulagés. Et nous aussi! Sauf qu'il y a deux détails: le premier est que c'est un collège privé, nous allons recevoir la fameuse facture de frais de scolarité bien sûr. Deuxième détail qui ne me revient qu'à l'instant, alors que j'écris ces lignes: le directeur m'avait bien dit qu'il reprendrait mon fils s'il se représenterai avec de bonnes notes aux cours de la dernière session! Ouf!
Passons à autre chose! Nous sommes entrain de négocier l'achat d'une petite propriété à revenus, avec quatre appartements comme je le veux, pour y installer les fils dans un horizon pas si loin. Voilà, rien n'est sûr, il y a de la compétition. On saura bien si nous aurons remporté la course dans quelques jours. Mine de rien, c'est un grand pas pour nous!
Ciel gris et orageux sur Montréal maintenant. Nous sommes sortis manger et faire une petite épicerie. Sur le chemin, mon portable sonne! Pour la première fois de ma vie professionnelle, je répond à une personne mal entendante par le biais du service de relais de Bell. L'employée de Bell doit lire ce que disait la personne sur un écran. Je dois répondre lentement en disant "À vous!" quand je veux repasser la parole à mon interlocuteur. L'employée de Bell transcrit bien sûr ce que je disais sur un clavier qui envoie le tout sur l'écran du client. Nous parlons de façon saccadée. J'oubliais souvent de dire "À vous!"
Que d'émotions n'est-ce-pas? Je viens de tout raconter celles d'hier et d'aujourd'hui à ma fille. Demain, il y en aura d'autres: mon cousin et son cancer arrivent à Montréal!
Il me semble que je me suis mélangée les baguettes beaucoup aujourd'hui, dans l'emploi des temps des verbes! Je ne vais pas les relire tout de suite, d'accord? La correction sera pour un autre moment!
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