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Mon plus jeune fils me sert de chauffeur ce matin. C'est l'occasion pour lui de pratiquer au volant. Il conduit très bien. Ses deux frères n'ont même pas encore entamé les démarches en vue d'obtenir un permis, même temporaire. Ensuite, une réunion-lunch pour moi à ce restaurant au décor très provençal. Ce qui ne me dépayse pas pour autant, moi qui est prise par mes dossiers.
Cet après-midi, mon mari est encore pris dans les dédalles de son dossier cafardeux. Mais nous sommes partis tout de suite après vers La Dolphine, où nous sommes arrivés à la fin du jour. Mais le soleil scintille encore sur la surface du lac lisse comme un miroir. Nous sommes allés nous laisser flotter doucement, couchés sur ces matelas en filet, le corps submergé, mais la tête bien appuyée sur un coussin gonflable. Nous chuchotons presque, seule une libellule vient se poser sur l'île flottante formée de nos corps liés par nos mains entrelacées. De l'autre côté du lac, la circulation routière renvoie son écho sur le fond de montagne, mais nous sommes comme inatteignables sur notre île. Même le moteur de la Cesna au loin se fait discret, très discret.
Ce soir, nous avons mangé tard. J'ai revu comme si c'est un film tout neuf, puisque j'ai tout oublié, "Legends of the fall". Au milieu de la nuit douce, nous nous sommes douchés deux fois. Voilà, j'ai tout dit.
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