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Matin vague. Je traine dans mes cheveux sales et pantoufles. Le rendez-vous à midi s'est annulé, me donnant l'excuse de trainer plus longtemps encore. Mais quand même, à 13h30, je suis douchée, préparée, maquillée prête au travail dans l'après-midi qui continue à être tranquille et sans espoir.
J'ai proposé que nous allons tirer des balles de golf avec notre plus jeune. Eux sont contents, le père réessaie tous ses bâtons, le fils tape très bien pour un débutant. Et moi qui en fait peu, chassant plutôt les moustiques et répondant au téléphone. Une étincelle sur un dossier, le client est plutôt motivé.
Au retour nous achetons un phở pour manger avec les trois fils. Souper tranquille pendant lequel ils parlent de leur horaire d'emploi d'été. Les jumeaux seront gardiens de sécurité, je préfère le terme "contrôleur de foule". Ils ont bien leur permis par la SQ, leur blouson bleu et leur casquette, mais ils n'auront pas d'arme. Le plus jeune qui n'a rien trouvé encore, vendra de la crème glacée au Grand Prix en attendant.
Puis je cuisine le repas de demain avant d'aller au cinéma voir Jane Fonda dans un film léger, "Monster-in-law". Retrouver Jane Fonda c'est quelque chose. Elle vieillit bien je trouve.
Au retour du cinéma, malgré l'heure tardive, nous marchons autour du pâté de maisons. La pluie vient de passer, les arbres laissent tomber sur nous de grosses gouttes de fraîcheur. Je suis bien ainsi, dans mes espadrilles. Au perchoir, je continue d'aller et de revenir. Minuit déjà, il faut bien que je me couche, non sans essayer de graver dans ma mémoire cette sensation de bien-être qui tient à si peu. Il n'y a que la machine à fabriquer l'angoisse qui s'est arrêté ce soir. Alors je ne me pose pas de question ...
Ce mercredi le 18, jour de mes trente ans de vie québécoise, j'invite mes parents et frères et soeurs, ceux qui peuvent être là, à un lunch au restaurant. Ils sont surpris. Je suis la seule à tenir à une date. Il est question d'une célébration pour tout le clan, à la première fin semaine de juin. Mais ce n'est plus LA date, et puis, le clan n'a pas besoin d'une raison pour se réunir souvent, de toute façon.
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