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Vendredi matin, je suis allée à la rencontre d'une jeune femme charmante, pas aussi sûre d'elle que ça. Je lui fais un condensé d'un cours de planification, en plus de lui offrir de l'aide bénévole dans l'organisme qui l'emploie. Elle est si heureuse qu'elle me paie à petit-déjeuner.
De retour au perchoir, j'ai attaqué mes dossiers pendant deux heures, puis je suis repartie rejoindre une amie que je n'ai pas vu depuis deux ans. Déjeuner léger, conversation disparate. Puis je me me suis sauvée de nouveau vers la phase finale d'un dossier. Il y a trois semaines, j'ai prévenu le coup, avertissant la partie adverse qu'il faut planifier pour ne pas avoir à finaliser le dossier ce vendredi 13. Sauf qu'il y a eu discussions, un rendez-vous fixé pour le 9 sans qu'on ne puisse le tenir. Nous voilà le 13, un vendredi. Tout juste avant les signatures, quelqu'un qui a réalisé la date tout juste avant de signer et disait tout haut: "Heureusement que je ne suis pas superstitieux!" Tout le monde est resté coi autour de la table! Enfin, le dossier fut conclu. L'échange de poignées de mains qui s'en suit fut fait de soulagement plus que de félicité.
Imaginez les alentours de la rue St-Denis et de la rue Sherbrooke un vendredi à la fin du jour, j'étais là, le corps chaud, la peau fraîche à cause de ce petit vent agaçant, fatiguée, épuisée. Je ne sais pas comment le dire. J'étais obsédée par ce dossier, les clients, les problématiques. Le dossier vient d'être finalisé, je le sais bien, mais le stress qu'il me cause m'oppresse encore. Mon mari est venu pour m'accompagner, il n'a pas eu à intervenir et attendait dans l'antichambre. Nous venions de prendre la voiture pour tourner en rond et se garer de nouveau à la même place. Il me disait: "On va manger un souvlaki-pita!" J'ai mangé sans goûter. Et puis de nouveau dans la rue, je me suis sentie un peu perdue, un peu vide. Nous avons traversé la rue marchant vers la voiture. Je me suis arrêtée de nouveau: "Allons prendre un café et une gâterie!" Mais mon thé ne goûtait rien non plus. Abandonnant mon mari sur place, je disais: "Je vais bouquiner là un peu, de l'autre côté de la rue, ça va me changer les idées!" Voilà, j'ai retraversé la rue, cette fois-ci, m'éloignant du carré St-Louis, me rapprochant de Sherbrooke. Au "Bidonlivre" j'ai trouvé cinq bouquins, sans les chercher.
Enfin, je m'arrache de la ville. Au perchoir je me suis changée. Le pantalon noir passe-partout de cet hiver, je ne veux plus le voir. J'ai enlever ma brassière comme un cheval se défait de son harnais. Nous partons pour La Dolphine, comme si je ne voudrai pas revenir...
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