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Je suis courbaturée de l'effort des derniers jours. Mais nous partons quand même à La Dolphine, où l'effort des miens hier a fait que la terrasse est prête à recevoir maintenant. J'ai passé la matinée à conclure un nouveau dossier puis j'ai quand même pu poser quelques gestes pour me recentrer. En cherchant mon vrai cahier rouge, oui celui dans lequel j'écrivai mon journal, il y a plus de trente ans, j'ai mis la main sur mes livres de calligraphie chinoise. Me voilà qui ramène en ville des pinceaux, de l'encre et le matériel de pratique. Vais-je finir par m'y mettre? Tout ce que je sais c'est que, aujourd'hui, quand je lisais dans l'un de ces livres, j'étais si absorbée que tout ce qui est hors de ma bulle s'est estompé. J'étais en haut, dans le boudoir ou salle de recueillement, là où j'aurai voulu y passer plus de temps. Sur la grande table très basse à la japonaise et ce tatami, je ne pourrai pratiquer la calligraphie, mes jambes ne supporteront pas longtemps la position accroupie. Mais je vais m'asseoir au pupitre qui est dans l'autre chambre. Seulement, pour pratiquer tous les jours, il faut que mon nécessaire de calligraphie me suive ...
Inspirée par ces bonnes résolutions, j'ai transporté le bouddha destiné à la cour arrière vers cette roche qui vient de chez un client. C'était une petite statue quand même et j'ai préféré procéder à son installation seule en marmonnant un mantra. Je ne sais pas si la rectitude dicte une orientation spécifique à l'installation d'un bouddha. Mais je compte sur l'intuition pour tourner la statue vers un espace dégagé, la statue est donc tournée vers le sud, ne regardant pas vers la maison mais vers le flanc de montagne de l'autre côté de la clôture et de la rue. Le hic est que là où je l'ai installée, c'est dans la partie plus basse du terrain, la roche et la statue ne sont pas assez grosses pour qu'elle dominent l'ensemble du terrain. Mais enfin, la statue n'est pas encore installée de façon définitive, je continue à y penser dans les prochaines semaines.
Nous sommes revenus en ville en milieu d'après-midi. Quelques dossiers me préoccupent. Mais aussi, nous allons nous regrouper tant se peut pour le souper de la fête des mères. Nous ne serons que la moitié du clan, mais nous serons encore dans un de ces buffets où l'on mange trop. Mes parents sont toujours heureux des retrouvailles, comme si chaque fois c'est une nouvelle, même si la dernière n'était pas si loin. J'ai remis à mon père son vieux passeport, son premier passeport canadien, ainsi qu'une photocopie toute pâlotte de son premier relevé de revenus annuels d'il y a trente ans pour qu'il entretienne ses souvenirs.
Mes fils m'ont acheté ce trousseau de chandelle-encens-bain moussant-huile de massage à la lavande. La boîte était bien emballée. Ils ont eu ensemble des petits rires de contentement quand je croyais que c'était du chocolat. Je leur disais que c'était très bien puisque c'est le genre de choses qu'on ne se l'offre jamais tout seul. Je suis surtout contente qu'ils soient sortis du cercle vicieux des fleurs ou d'une boîte de chocolat.
Voilà, nous sommes revenus. Je suis plus que écoeurée d'avoir beaucoup mangé hors de ma cuisine cette semaine, en plus d'avoir trop payé de factures de restaurants. Et je soupçonne que ma balance va me servir son avis de mise en garde. Demain, Sally, au pas et ... à l'eau!
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