06 mai 2005
Moi, privé et publique

Ce soir, une grosse charge d'adrénaline qui a obnubilé tout ce que j'ai pu penser et faire dans la journée, même encore maintenant que je suis assise à mon bureau, essayant de rapporter la journée. Disons que je n'ai fait que me préparer mentalement à ce qui devrait se passer ce soir. Ah, je me rappelle là : ce matin j'ai réussi mon oeuf à la coque et ce midi je me suis faite une salade presque niçoise. À la question de mon mari: pourquoi c'est bon de manger de la luzerne? je n'ai pu répondre. Vous le savez, vous?

Ce soir, j'étais à ce débat entre citoyens et experts sur la question de la santé. J'étais parmi les premiers à exposer la vision des citoyens, j'ai été la première à réagir à la première remarque des experts. Il faut vous dire qu'en public, je parle comme j'écris, c'est-à-dire que je suis le fil d'idées et les mots tombent en place tout naturellement. Il y a eu applaudissement à ma prestation et moi, je suis à peine consciente de mes mots, pour tout vous dire.

Deux heures à écouter et à réagir, sous les feux de la rampe vraiment puisque nous étions filmés. J'ai eu chaud, j'ai eu un violent mal de tête, exactement comme dans d'autres moments de grand stress, il y a deux ans. Mais j'ai été appréciée je crois, par la clarté et la fraîcheur de mon argumentation. Surtout, parce que je ne viens pas du milieu, alors que la langue de bois des gens qui tournent dans le domaine leur empêche de voir leurs structures de l'extérieur.

Demain matin, il y aura des délibérations. Demain après-midi, la confrontation avec les décideurs. Dire que demain je serai confinée dans des salles obscures, alors que mes trois fils, pour une fois, vont à La Dolphine avec leur père pour appliquer une nouvelle teinture sur le patio. Mon fils, le garçon tendre me dit qu'il veut piquer une saucette dans le lac. Déjà !

Ce soir, à mon retour, j'apprend des complications dans un dossier en cours. Pourquoi ça n'arrive que quand j'ai le dos tourné, du moins, au moment précis où un client a besoin de réassurance. Il faut donc que je lui parle très tôt demain matin...

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