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Aujourd'hui, chez le coiffeur j'ai appris qu'une coiffeuse que j'ai déjà connue s'est suicidée. Je vous avoue que je ne suis pas affectée par la nouvelle. Qu'elle avait eu tort ou raison de poser ce geste, qu'est-ce que cela change sur cette terre où tant d'histoires se passent, où tant de gens meurent ou vivent à moitié. Non, je ne pleurniche pas non plus pour ses proches. Chaque perte comporte en elle-même sa part de soulagement... Me voilà cynique, ne trouvez-vous pas?
Ce soir, nous sommes allés au théâtre Jean-Duceppe pour une pièce très québécoise, très contemporaine. Un divertissement, sans plus. Je regrette presque d'avoir choisi la pièce et manqué encore une fois la rencontre mensuelle de Yulblog. Mais je n'avais pas couru pour échanger les billets pour un autre jour. De toute façon, cela aurait bousculé l'échafaudage de mes autres engagements.
Je suis entrain de lire "Un long dimanche de fiançailles" de Sébastien Japrisot. Je me suis mise en tête de le lire avant de voir le film, mais je ne crois pas que j'aime cette écriture très descriptive, très "français" avec des explications en long et en large des surnoms des personnages, par exemple. Des histoires moches des dessous de la Grande Guerre. Il me semble que le sujet est trop éculé. Mais enfin, je ne suis qu'à la page 80, peut-être trouverai-je une raison à cette lecture ...
Échanges de mails avec deux clients différents. L'un se fait laconique, l'autre têtu. Je vous disais que j'avais besoin de patience pour que les dossiers mûrissent d'eux-mêmes...
En somme, une mort parmi tant d'autres, une pièce de théâtre très banale, une histoire écrite surannée et des clients prévisibles. Quelle saveur ai-je trouvé dans cet ordinaire? Je vous dirai que j'ai (re)goûté au plaisir très ordinaire de marcher main dans la main avec mon mari, avec le sentiment d'avancer ainsi pour toujours. Il me semble aussi que j'ai (re)touché du doigt à la sagesse tranquille de cheminer avec mes fils et fille une journée à la fois, sans anticipation ni espérance. Si l'ordinaire est la pierre angulaire d'une stabilité, rien d'autre n'est extraordinaire. Comme si tout un chacun reprend sa place bien humble sur cette terre et que les orgueils partent en poussière bien avant que les corps ne le soient. Ainsi serons-nous qu'esprits et nobles intentions qui nous portent hauts et libres ...
Je n'avais pas prévu écrire ce qui précède... Il me semble que les mots se sont imposés à moi, venus de quelque part sûrement, pas de nulle part ... C'est à voir!
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