27 octobre 2004
Sous cette apparence, le chaos

C'est le jour de la femme de ménage. Après quelques mots d'indication, je la laisse à ses tâches, m'enfermant dans le petit bureau. Des collègues discutent du développement de leurs dossiers aux affaires associatives avec moi par téléphone. Le téléphone ne dérougit pas. J'écris une intervention sur Obsolettres, on verra bien les réactions prévisibles. Qu'importe, j'ai dit ce que je veux dire. Matin vite passé.

Les coups de fil professionnels s'enlignent vers midi, des rendez-vous furent pris pour les prochains jours. De quoi me faire oublier un peu les dossiers avortés. Je suis trop sensible: les dossiers, les clients, les discussions du net, tout m'interpelle. Mon impassibilité n'est qu'apparente, alors que l'on m'écrit ceci: "Tous n'ont pas ta délicatesse asiatique et ton calme boudhiste! il faudra que tu nous donnes des leçons un jour!" C'est très gentil, mais je suis prisonnière de cet état ...

Rendez-vous à 13h, j'y amène mon mari pour l'entrainer à sortir de la maison lui aussi. Mes clients, des retraités, sont trop affables, nous servant café expresso et biscuits libanais. Je les accompagne de bonne grâce, tout en déplorant ce climat de "high tea" qui me détourne de ma concentration d'affaires. Lunch au restaurant chinois que nous avons déserté un peu. Je ne suis pas tout à fait dans mon assiette, mais cela n'a rien avoir avec les plats chinois. Au retour, des mails et des coups de fil encore, et cette conversation à bâtons rompus sur le forum d'Obsolettres. Suis-je si désoeuvrée? À moins que je ne fuis le tête-à-tête d'avec mon mari ... Son papotage avec les vendeurs de téléphonie, les techniciens à gauche et à droite, et les hommes de services de tout genres me fatigue. Va-t-il se mettre en route, au lieu de s'égarer dans les ruelles? Je ne suis pas une douce égérie.

La femme de ménage nous a laissé des carreaux luisants au salon. Avec les feuilles presque toutes tombées de l'érable, je vois la tour de l'université d'habitude bien cachée. Nous préparons un souper quelque peu manqué. Il a oublié d'assaisonner la viande. Même les fils mangent sans conviction. Et moi sans appétit. Après le repas, je m'enferme dans un mutisme non confrontant. Je n'ai même pas parlé au téléphone à ma fille, qui discutait avec son père. À la télé je m'installe, devant quelques insignifiances. Avez-vous essayé ça: quand on se met en boule, mentalement je veux dire, peut-être physiquement aussi, on se guérit tout seul ... Je vais mieux, au milieu de la nuit.

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