25 octobre 2004
Difficile

Difficile lundi. Entre la télécopieuse et l'imprimante, l'ordinateur et le téléphone, je me suis débattue toute la matinée. Mettre en ligne l'entrée de la veille. Expédier ces mails, à la poubelle ou plutôt aux archives, ou est-ce qu'une réponse s'impose. Mettre de l'ordre dans ces documents officiels. M'habiller chaudement pour me précipiter dehors, avant de m'embourber dans les filets du net ...

Rencontrer ce collègue à son bureau où grouille toute une faune aguerri. Contraste évident avec le mien, installé dans la plus petite pièce chez moi, avec les époux partenaires et associés en tête-à-tête, moi dans le monde du diarisme et des blogs, de lecture en écriture, en passant par un forum, lui dans les journaux d'actualité, ou des lectures ésotériques, en passant par la météo ou le sport. Chez moi, nous sommes bien trop contemplatifs pour des gens d'action que nous sommes supposés être.

Ciel gris aujourd'hui, et mes intuitions ne me trahissent pas. Mauvaises nouvelles au téléphone: deux dossiers en difficulté! Je suis allée rendre visite à mes parents ce midi, même si ce n'est pas ma journée de "garde" avec eux. Épuisante visite! Pour commencer, leur chauffage roule à bloc et j'étouffe en entrant. Même si je l'ai baissé, mon père l'a remonté quelques heures plus tard. Les hibiscus qui donnaient ces énormes fleurs il y a quelques semaines, perdent aujourd'hui des tonnes de feuilles jaunies et désemparées. Mes parents sont couchés ... Difficile de les faire manger. Difficile de les dérider, même en jouant un peu aux cartes. Ma mère n'est pas bien, pas l'ombre d'un éclairci sur son visage. Mon père cherche avec obstination ses lunettes, redis douze fois la même chose. Nous cherchons le semainier des médicaments de ma mère. Elle réalise qu'elle n'a pas pris ses comprimés depuis deux jours. Je téléphone à ma soeur qui sait ce qu'elle doit prendre. Je reconstitue un autre semainier, lui amène ses pilules du jour qu'elle laisse encore trainer sur le bord du lit. Pendant ce temps-là, mon père prend deux fois les siens! Tant pis, ce sera fait pour la dose du soir! Qui sait ce qu'il adviendra de la dose d'avant coucher?

Dans la maison surchauffée, il n'y a que l'aquarium qui est pleine de vie, avec neuf poissons rouges et la pompe circulatrice qui ronronne. La télé est muette, mon père délaissant le salon pour se coucher sur le lit jumeau à côté de celui de ma mère. La regarder le rassure, même si il ne peut plus vraiment s'en occuper.

Je suis repartie au milieu de l'après-midi, essayant de passer avant que l'heure de pointe de s'installe. À la radio, ils disent qu'un camion a perdu sa remorque juste là, juste après que je ne passe. Quand même j'avance lentement, difficile circulation. Chez moi, je reprend le fil des mails. Je cuisine un peu. Je soupe avec les fils, puisque mon mari est parti pour une série de rendez-vous.

Ce soir, le plus vieux des fils laisse la petite blonde chez elle pour faire un peu les maths avec le plus jeune, un peu de compagnonnage avec son jumeau. Je l'ai alerté de sa grande absence, justifiable à nos yeux certes, mais quand même, privant ses frères d'une certain façon. Alors ce soir, mes fils étudient côte à côte. Et moi je fais la mère qui veille aux grains ... Demain, le soleil revient? ...

hier consulter les archives demain

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