|
Ce matin, je suis allée chez mes parents. Si je n'avais pas été, ils n'auront pas mangé ni levé, restant en pyjama, trainant de la patte. Quand j'ai quitté, c'était trop tôt pour que je leur serve un deuxième repas, mais j'avais laissé un potage, après avoir sali et lavé trois différents petits appareils électriques, aussi vieux que mes parents ou presque! Le Cuisinart tourne dans le vide, le Hamilton a brûlé son moteur alors que le Moulinex ne mouline pas! Naturellement, les appareils sont sortis de la cuisine pour ne plus revenir. Le coffre de ma voiture est de nouveau plein d'articles à recycler! Quand à mes parents, au milieu de l'après-midi, j'ai téléphoné sans succès pour voir s'ils ont mangé le potage. Leur téléphone sonne occupé longtemps, alors que je sais bien qu'ils ont probablement mal reposé le combiné. Heureusement, je trouve un petit neveu qui n'a pas d'école aujourd'hui, pour qu'il aille faire raccrocher le téléphone. Voilà, j'avais bien fait de m'inquiéter: ils n'ont toujours pas mangé mon potage! J'ai encore téléphoné une heure plus tard pour savoir s'ils ont mangé. Si, mais autre chose qu'ils viennent de concocter. C'est ainsi que ma mère se retrouve toujours avec des vieux petits plats pleins le frigo qu'ils faut jeter et nettoyer chaque fois que l'un ou l'autre de nous passe chez les parents. Voilà une histoire de vieux parents redevenus enfants, et d'enfants devenus surveillants de cantine et inspecteurs d'hygiène alimentaire.
Cet après-midi, après une course entre différents magasins, je suis devenue complice d'une consommation honteuse. Jamais je me serai crue possible d'un tel geste, pire encore, j'ai approuvé et encouragé ... Un énorme appareil de télévision sera livré à La Dolphine dans les prochains jours. Il prendra possession d'un grand pan de mur, il sera indécent, mais il est beau ...
Puis nous sommes partis vers notre refuge. Nous avons si hâte que je ne me suis même pas arrêtée à l'épicerie. Sans nous consulter d'avance, sur place, nous nous sommes précipités vers les tâches d'hibernation de la maison. La tente d'été qui recouvre toute la terrasse est rangée, les meubles de jardin sont couverts pour l'hiver, la table à pique-nique est renversée sur le côté pour éviter une grande accumulation de neige. J'ai fait le tour des chambres du côté des invités, pour replacer les couettes, ajoutant les couvertures de laine. Et je fais mon beau feu de bois bien sûr, avant d'aller au village chercher une petite sauce rosée pour manger avec les pâtes et des pétoncles ce soir. Souper succulent bien sûr, chez soi, en tête-à-tête. Je n'arrive plus à apprécier l'ambiance bruyante (et les prix exorbitants) des restaurants.
Mais ce soir je me sens un peu sur le qui-vive, sans raison précise. Nous rentrerons dormir en ville, après avoir passer voir la cousine de mon mari. Ils ne nous ont même pas offert un café, ce qui est étrange pour des gens si chaleureux. Tant pis, nous rentrons au perchoir ... Le nid est désert, les fils sont absents. Bizarre sentiment!
hier |