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Jour critique où je m'abstiens de présumer. Poser des gestes pour remplir mes tâches de mon mieux, sans savoir que c'est pour la dernière fois. Être au bord de la falaise sans le savoir, comme lorsque l'on a la vision obstruée par une courbe prononcée. Sans savoir si l'on va continuer ou pas, une route scénique, certes, mais pleine de surprises aussi.
Journée paisible puisque je me suis réfugiée dans l'écriture de mon monde intérieur. Je me préparais pour la soirée plutôt mentalement qu'autrement. Et puis, ce soir, très longue soirée de réunion. J'ai trouvé ma relève pour confier mes fonctions associatives, en m'abstenant de désigner mon successeur. Si vous voulez, je me suis assurée qu'une équipe fut constituée et mon remplaçant le fut par défaut. Comment je me sens tout de suite après? Comme sur le bord de la falaise! Avec un peu de vertige.
En apprenant la nouvelle, très tard ce soir, mon mari, plein de sollicitude: "Comment te sens-tu? C'est le sevrage ... Te voilà libérée!" - "Pas trop bien encore, mais pas tout à fait libérée, puisque j'ai toujours le devoir de l'ex-officio". En attendant, je mange mes émotions en me précipitant sur ce pâté de foie ...
Je vais aller dormir maintenant, surtout avec cette nouvelle qui devrait faire la une des journaux. Sur la route scénique, après la courbe, il y a une surprise que j'ai dévié de justesse, en passant le flambeau ce soir ... Une mauvaise surprise s'avère toujours bonne, si l'on change d'angle de vue. Aussi simple que ça!
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