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Encore vider le sous-sol de mes parents. Ce fut leur présence qui est difficile. Aussitôt que je met quelque chose à la poubelle, mon père va vérifier s'il peut trouver une raison pour le reprendre. Ma mère veut aider mais c'est pire. Il me semble que son sens logique s'en va à vau-l'eau. Et mon mari qui y va énergiquement dans la poussière, les fils d'araignée et la moisissure, alors que j'étouffe. Un organisme de charité vient chercher plusieurs caisses de vêtements, mais dédaigne un beau bureau d'ordinateur que je met au bord du trottoir. En espérant que quelqu'un le ramassera avant que les vidangeurs ne passent.
Cet après-midi, je suis en mode d'attente. La position la plus inconfortable. Mais les mails attendus ne viennent pas. J'ai pu soigner un peu les plantes, animée par ce désir de rendre à ce perchoir le charme qu'il a perdu à mes yeux. Alors que j'essaie de réapprovoiser un intérieur, mon mari orchestre l'extérieur, va et vient entre les ouvriers et la copropriétaire d'en-bas. Tout en entretenant des échanges bien cordiaux avec les voisins des environs. Il est heureux ainsi, tout investi dans la gestion des menus détails, se sentant vivant tout simplement. Et moi qui investit tout autrement, dans la vision et les échanges à distance, les idées et leurs ricochets. Et je fronce les sourcils, et je m'épuise.
Ce soir nous mangeons simplement d'une grillade et des macaronis. Les fils sont là, un peu distants, un peu flottants. Ils récupèrent après un test, un stress. Demain est un autre jour. Je n'oublierai pas de sitôt le roulement de l'imprimante, branchée en réseau sur les cinq ordinateurs de la maison, qui a craché hier après-midi, vers 15h, un travail de recherche que celui-ci devait remettre quelques vingt-quatre heures plus tôt. Et encore ce matin blafard, vers 6h30, un autre travail que celui-là aussi doit remettre le matin même. À l'impression de l'autre, j'étais soulagée enfin. À celle de ce matin, je me dis qu'il y a un qui vient de passer la nuit debout! Vivre au rythme des étudiants, c'est ce que je fais ces temps-ci, plus occupée à consulter leurs horaires que les miennes propres. Et je les nourris comme on fourbit les armes ...
Ce soir, je devais manger avec une soeur, avant d'aller voir une comédie musicale. Mais elle est trop prise par l'heure de pointe, j'ai donc manger à la maison. Ce soir, l'excellent "Cabaret" au Théâtre du Rideau Vert m'a retenue d'aller à la rencontre de Yulblog, comme il m'a empêchée de profiter d'un billet pour l'Orchestre symphonique de Montréal, offert par la copropriétaire. Je me suis divertie, certes, mais assise sur cette petite chaise de cabaret, autour d'une fausse petite table, pratiquement à l'avant-scène, figurante malgré moi, je ne suis pas aussi bien que calée dans un fauteuil ordinaire. Sans parler de la désillusion provoquée par l'évocation de la montée du nazisme en 1930. Mais enfin ...
Ce soir, je ne me résous pas à me coucher tout de suite après le théâtre. Il me semble que je suis toujours en attente de quelque chose ... Lisons un peu!
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