20 juillet 2004
Je suis là

Je sais, je vous ai manqué, en témoignent ces 455 "hits" des mêmes impatients, trompés par mes promesses de mises-à-jour par monts et par vaux. Mais vous me pardonnerez j'espère si je vous dis mes raisons. D'abord, je ne me résous pas à écrire sans accents sur des claviers inconnus, en des lieux trop publiques. Ensuite, la haute vitesse n'est pas encore partout et j'aurais eu à endurer en patience multiples attaques de moustiques qui se régaleront de mon sang trop sucré! Et puis, en vingt-trois jours, j'ai dormi plus ou moins dans dix lits différents, plus ou moins confortables, en plus de roupiller comme je peux pendant une quarantaine d'heures de vol. Dans ces conditions, je vous aurai lancé des âneries sans plus. Or, dans ce voyage au coeur des gens et des contrastes, le moindre recul est nécessaire pour mieux apprécier le trompe l'oeil, pour distinguer le vrai du faux, le beau du kitsch, etc.

Je vous raconterai, je vous raconterai bientôt, parce que j'ai noté quand même beaucoup, pendant ces nuits sans sommeil, pendant ces heures de vol sans repos. Mais pour l'instant, je suis là chez moi ...

Deux douzaines de superbes roses m'accueillent, non pas pour la parade, à la sortie de l'aéroport, mais chez moi, bien sagement dans leurs vases. Mon jeune fils a encore grandi il me semble et mon mari plus séduisant que jamais avec ses cheveux plus qu'argentés. Bientôt arrive l'autre fils, cet homme barbu et chevelu, dans sa tenue de travail poussiéreuse. L'autre est déjà à la mer, avec tout le reste du clan.

Un ménage impeccable m'attend, mais aussi ma valise revenue d'avance de Suisse. Il paraît que La Dolphine est parée pour l'inspection que j'effectue dans les heures qui suivent! Ah la ville presque provinciale en été, le confort de ma voiture qui file sans bruit vers la Dolphine! Et ce ciel que je regarde avec ravissement, et cet éclat, presque une auréole sur le contour découpé du paysage. Et ce soleil rouge qui descend là-bas, presque impudique derrière un voile de nuages. La Dolphine est impeccable! Nous sommes ravis, à l'unisson.

Je somnole au retour. Déjà je pense aux premiers mots que je vous écrirai. Déjà je pense à la demie-douzaine de clients qui attendent mon retour. Mais pour l'instant, je m'accorde un bain chaud. Quel luxe! Et j'enroulerai chastement mes jambes autour des siennes. Quel luxe aussi, d'entendre ce souffle et ce léger ronflement tout près de mon oreiller. Parce que, hors du couple, l'on est si seul, malgré toutes les tribus, et les bandes, et les cliques.

Je vous raconterai la Suisse vachement sympa, le Viêt-Nam des contrastes et ce Paris presque provincial aussi, en été. Un voyage au coeur des gens, un voyage au cours duquel je fus lucide, trop peut-être!

À demain!

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