10 juillet 2004
Des goûts et des saveurs

Encore des visites et des visites à différents coins de la ville grouillante. J'étire mon cou et mon zoom pour prendre des clichés plus inédits derrière les façades des nouvelles maisons. Je prend les platebandes de culture maraîchère, les forêts de pins, les talus de terre argileuse et orangée, les vieilles maisons de bois au toit de tôle. Les photos de mes souvenirs. Les nouvelles réalisations, comme les nouvelles richesses, je les laisse à leurs courses à la modernité vite dépassées.

Mes compagnes achètent et recherchent beaucoup les saveurs, les odeurs, les goûts de leurs souvenirs: maïs grillé sur charbon de bois, galettes, lait de soja chaud, etc. Je goûte, j'apprécie, mais je me regarde d'un air contenu. Je suis là mais je ne le sens pas.

Parallèlement, avec tout ce vécu personnel, en faisant partie du comité organisateur, il y a des moments où les gestes et les paroles font partie de mon rôle. Alors il y a ce dehors d'entrain et de bonhomie, d'assurance tranquille, et ce dedans observateur, sceptique et critique.

Ce soir, je me suis laissée entraîner en club. Nous étions huit femmes, huit quinquagénaires liées ensemble par peu de choses en vérité. Je sais à peine leur vécu. Sont-elles mariées, divorcées, ou célibataires, ou veuves, et ce qu'elles font vraiment dans la vie. Mais nous voilà, sirotant, qui un jus, qui un thé, à écouter ces chanteurs de l'âge de nos enfants qui se dandinent au gré de la musique.

Tout d'un coup, une chanteuse plus âgée nous dédie de vieilles chansons de Françoise Hardy comme de Dalida. Mes compagnes sont pâmées. Illico nous invitons la chanteuse à notre gala de demain. Demain ...

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