09 juillet 2004
Retour au Lycée

Déjeuner sur la véranda, dans cet air limpide matinal. J'ai sorti mon tailleur beige pour la visite officielle à mon ancien lycée, aujourd'hui École Normale Supérieure. Discours de circonstance dans l'amphithéâtre, notre ancienne salle de cours de Physique et Chimie. Statue omniprésente de l'oncle Hô. Impossible de le soustraire des photos. Nous offrons un montant de bourses d'études aux étudiants démunis. Puis nous visitons les lieux. Ces salles de classe de mon souvenir sont donc bien petites, l'estrade bien usé, les murs défoncés, le tableau rendu gris et les portes de casiers disparues. Mais nous prenons des photos et encore des photos. Quelqu'un rappelle à ma mémoire le souvenir du tambour imposant qui sonnait les classes, au lieu d'une cloche. Là-bas, sur notre ancienne piste de course, un bâtiment dépareillé. Mais le bosquet de pins qui ombrage l'ancien gymnnase demeure le même, témoin muet des temps qui passent.

Nous avons convenu de planter à nos frais évidemment, trois cerisiers dans la cour de l'école. Cet arbre fleuri, symbole de ma ville, a beaucoup disparu du décor. Mais l'on nous a procuré une autre essence fleurie, pourtant étrangère à nos nouvenirs. Nous avons même convenu de la grandeur des arbres. Mais nous voilà devant un phuong et deux cerisiers maigrichons dénichés quelque part, in extremis.

Les trous sont creusés, les arbres y sont déposés et les visiteurs se marrent et se prennent en photos. Ces simagrés ne me plaisent pas. Me voilà à l'ombre d'un buisson, guettant plutôt les étudiants menus, assis à l'écart sur les marches du bâtiment. Je suis comme intimidée et je me sens chez eux, et moi si loin. Mais les dés sont jetés, et je vais faire cette tournée comme il se doit et voilà tout.

De nouveau cet après-midi, après la sieste et un autre repas à un autre resto, plantation de treize pins au parc Yersin. D'abord, pourquoi treize? et pourquoi des pins? C'est presque ridicule, le pin pousse tout seul, partout dans ma ville. Mais je retiens des lieux la statue de Alexandre Yersin, du moins la plaque mentionne son nom et les dates de sa naissance et de sa mort, mais la statue ressemble étrangement à l'oncle Hô, avec quelques détails en plus ou en moins! Disons que l'artisan doit avoir fabriqué des centaines de bustes de l'oncle Hô, mais cette seule effigie de Yersin, d'où l'"influence"!

Ce soir, après un autre repas qui commence à ressembler étrangement aux autres, même si nous changeons de restaurant chaque fois, quelques unes d'entre nous sommes allées nous promener au marché bondé de touristes locaux. Plus que jamais, je me suis sentie là mais si loin.

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