12 avril 2004
Banalités

Banal! trop manger et travailler un peu, pendant la fin de semaine pascale. Banale, l'histoire de la jeune fille dont le visa expire, qui entre dans l'illégalité tout en essayant de s'en sortir. Faut-il qu'elle se marie, pour vrai ou pour la forme, pour retrouver grâce. Banale, des histoires de couplent qui se chicanent et se raccommodent, peut-être pour mieux se taper dessus la prochaine fois.

Rien d'exceptionnel en fait dans mon petit monde. Mais pourquoi suis-je si sensible à leurs conditions? Ce n'est pas que je suis visiblement préoccupée, mais leurs histoires se transforment en histoires sans fin pendant mes nuits. Histoires en boucle sans issue, comme je dois en rêve jusqu'à ce que des solutions qui s'imposent débouchent. Je me trouve très impressionnable et met le tout sur le compte d'une préménopause amorcée. Que sais-je? Je me sens très en forme en ce moment, seulement certains moments de tristesse dans la journée, sans raison.

Quelque chose de fade dans l'air. Peut-être que je suis conditionnée par la constatation de Mongolo, un connaisseur de la première heure du diarisme en ligne, sur le fait qu'après cinq ans, le journaleux arrête, ayant trop dit, tout dit déjà. Moi qui aurait atteint le cinq ans, au 18 mai prochain. J'écris plus machinalement, quoique plus douloureusement. Mes phrases se sont tronquées, mes pensées synthétiques. Mais le geste de venir écrire ici n'est toujours pas devenu banal, sauf que mes mots me pèsent.

Comme les bruits, les sons, la musique, le brouhaha. Mais plus encore, l'interférence de la vie de l'autre dans le mien. Et ce n'est pas que l'autre soit plus envahissant, mais c'est bien moi qui se retranche d'une certaine façon. Pour revenir aux mots, plus que jamais je ne me relis pas, par souci de correction. Même dans mes correspondances électroniques. J'écris de mes doigts sur le clavier, les yeux au-delà de ce qui s'inscrit sur l'écran, poursuivant les idées quelque part, ou déjà la prochaine idée qui s'enchaîne ... Il en résulte des coquilles bien sûr, que je regrette sans en faire un cas.

Les anniversaires ont toujours été symboliques pour moi. D'ici le 18 mai je cogite. À la banalité je résiste, quand je peux.

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