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Il me semble que je disais que la semaine sera occupée, alors je trouve incongrue d'être si libre. Je me retrouve là, à manger tranquillement avec mon amie de Québec et à bouquiner sans que le téléphone ne vienne déranger. Il est vrai que dans mon métier, les vagues doivent être suscitées et entretenues.
Ce matin j'essaie d'avancer les décisions pour mon prochain voyage d'été. Il est presque sûr maintenant que mon mari ne viendra pas avec moi là-bas, aux retrouvailles de mon lycée. Non plus pour un passage en Europe. Je me fais tranquillement à l'idée de préparer ce voyage à ma façon, quoique je suis quand même sujette aux mouvements de groupe, une fois arrivée là-bas. Avec mon amie de Québec, j'évoque la possibilité d'être perturbée encore, comme il y a deux ans, à mon retour de voyage. Je devrai peut-être mieux penser mes attentes, raffermir mes choix du futur, avant de partir même. Pour ne pas revenir double, ou comme un pont sur deux rives.
À la librairie d'occasion, j'ai trouvé les deux volumes du journal de Gide dans la collection La Pléiade, mais aussi son recueil de récits et écrits dans la même collection. Je lorgne toujours la collection complète du journal d'Amiel que les libraires ne veulent pas me céder à mon prix. Quoique je ne pousse pas assez, pour ne pas dépenser trop. Je ne veux pas assez, en fait. J'aurai voulu bouquiner encore mais je rentre à la place. Une soirée officielle se prépare ...
Inauguration d'un bâtiment restauré qui sera désormais une bibliothèque de théologie. Parmi les invités de marque j'évolue. Comme tout le monde, j'ai la mine, et la tenue, des grands jours. Canapés savants, bouchées de sushi, mais je ne bois pas, gardant une main libre pour les échanges de civilité. Soirée officielle un peu vide mais efficace pour les échanges. Je me cantonne chez les gens que je connais, avec qui je développe une camaraderie, plutôt que de butiner chez les officiels. Mes instincts populistes, je pense.
À la fin de la soirée, j'ai surtout mal aux pieds, plutôt qu'allumée par un quelconque vent d'idées. Est-ce pour cela que je trouve la soirée un peu vide? Demain soir, c'est l'ouverture grand publique, une conférence et un encan silencieux. Je mettrai des talons moins hauts et ... trouverai plus chaussure à mon pied, pour ce qui est d'une veine d'idées, peut-être?
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