26 mars 2004
Ce n'est rien mais c'est beaucoup

Ce matin je suis aux aguets. Mais cela ne paraît pas je crois. Sauf que les papiers sur mon bureau se font bousculer. Certains vont directement dans le recyclage, des pistes d'affaires que je traîne depuis des années et que je viens de décider de couper court là. Je me ravise parfois pour les passer au déchiqueteur avant.

Vers 10h30, trouvant que j'ai assez attendu, j'ai lancé un appel qui atterrit bien, la bonne nouvelle sur le nouveau dossier se confirmant. Voilà que la machine crache sa confirmation, le produit d'une photocopieuse quelque part dans la chaîne ayant rapetissé les documents qui sont passés par l'ordinateur avant d'atterrir sur le bureau. Nous avons dû réagrandir les papiers, sans oublier de faire une autre copie plus grande encore pour pouvoir lire avec certitude. C'est pour qu'on se rappelle que le quotidien se décompose en mille et un gestes absurdes parfois mais qui s'imposent.

Bref, quand je suis partie pour mon rendez-vous de 13h, j'étais en nage, à cause de tous ces menus détails, rendant mon bureau propre, mon panier de linge sale vide, mes documents prêts à être contresignés et quoi encore. Mais mon premier rendez-vous en après-midi retarde, bousculant tous les autres, intervertissant l'ordre même. Me voilà qui calcule les quinze minutes. Je suis toujours à la nage, avec ce temps doux, mon gros manteau et ... ma ménopause. Je suis en compagnie d'une cliente potentielle, beaucoup de potentiel je veux dire, de cuir vêtue, l'air pas si chic, mais qui respire le fric. Arriver au soir, mon mari trouve que je suis très (trop) simplement vêtue. Que voulez-vous, j'avais chaud!

À 15h30, un autre dossier, une autre cliente qui parle. En ces lieux, une autre dame un peu bizarre et son accompagnatrice décoiffée. Milieu de femmes, où certains hommes sont assez imposants, comme mon cher mari, d'autres pas. Mais passons!

16h30, je cours chercher mes parents, l'autoroute Métropolitaine est bondée. Quand j'étais arrivée, mes parents sont déjà tout habillés, prêts à partir. Je savais qu'ils sont comme des enfants, quand on leur donne une heure, ils sont toujours prêts d'avance, habillés de pied en cap. Quand vous êtes en retard, imaginez votre pression qui monte! Surtout que ma mère risque de bouder, à moins que son envie ne soit passée ...

Après le restaurant où ils ont mangé avec appétit, je les ramène sous la pluie et reviens au perchoir. Mais je repars reconduire fils premier à sa pratique de rugby, puis nous allons voir une cliente encore. Enfin la détente chez ma soeur! Café, durian et pâtisserie.

Dense journée pendant laquelle je n'ai pas pensé, me contentant de vivre le moment. Superbe état d'esprit pour être ici dans ce pénombre seuls, à deux! Je suis loin de me plaindre ...

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