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Je ne suis pas aimable aujourd'hui. Avec ce début de rhume, j'aurai besoin de repos. À la place, je commence à penser à la bouffe des fils pendant mon absence et je travaille. Surtout en après-midi. Va-et-vient de beaucoup de visiteurs, fort travail de représentation.
Et puis nous sommes partis à Dorval. Plusieurs voitures, une certaine anxiété. Il y avait là, mes parents qui recueilleront la famille des nouveaux immigrés chez eux, en attendant que le logement que j'ai trouvé soit installé, un de mes frères avec sa petite fille, une de mes soeurs avec son fils, ma plus jeune soeur, son mari et son petit garçon, nous avec un de nos fils. Et aussi la grande fille et son ami, ainsi que les neveux de l'épouse de mon cousin. Si toutes les familles font comme nous, vous pouvez imaginer la foule en attente.
Après deux heures à poireauter, en s'inquiétant sur les complications à l'immigration, enfin, les voilà. Mon cousin bien corpulent, sa femme épuisée, sa jeune fille aussi, mais les deux, bien accaparées par les deux petites filles de deux ans et demie, jolies comme deux poupées et effrayées de la mêlée. Et dix grosses valises et une grosse caisse.
Retour chez mes parents. Les petites filles pleurent, réclamant leur nounou. - "Rentrons à la maison maintenant!" Elles ne savent pas encore: ici, elles n'auront pas de nounou. Elles iront à la garderie, apprendront le français, et un jour, ne seront plus effrayées par tous ces étranges qui grimacent (pour essayer de les apprivoiser!).
Plus tard, alors que nous essayons d'être calmes pour que ma mère ne soit pas trop fatiguée (parce qu'elle le sera de toute façon!), les deux petites filles, avec les yeux encore perlés de larmes, se pointent en haut de l'escalier. Les jeunes enfants ne peuvent pas résister à un escalier, un monstre à chevaucher. Je leur montre le fonctionnement: voilà les barreaux de la rampe, vous vous tenez toujours aux barreaux, comme ça, oui comme ça, bien. Déjà elles descendent quelques marches, puis l'une monte et l'autre descend, et attrape ses souliers, et vise la porte d'entrée (de sortie pour elle!): -"je rentre à la maison!"
Ainsi, ne cherchons-nous pas tous, toute notre vie, à "rentrer à la maison". N'importe comment et de toutes les façons possibles.
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