|
Journée passée avec les yeux fixés sur la ligne d'horizon. Pour rester avec l'analogie d'hier, j'ai bien fait un moulinet de mes bras aujourd'hui, mais sans détourner le regard, si vous voulez.
Envoyer une grosse caisse à la récupération. Suivre pas à pas ma glycémie qui s'accroche aux hauteurs. Produire les lettres officielles de circonstance dans mes affaires associatives, et surtout, les envoyer à la correction. Les mots me sont difficles depuis deux jours. De guerre lasse, j'ai même accepté de me séparer de mon ordinateur portatif qui sera trituré, nettoyé, allégé. Que sais-je? reviendra-t-il en état, avec tous mes dossiers intacts?
Me voilà sur le clavier de mon mari, juste pour le stricte minimum. Ce journal en fait partie. Un instant, j'ai pensé prendre quelques jours de relâche, déjà comme je ne suis plus référencée par des regroupements de journaux, je me suis sentie plus libre. Mais le nombre de vos passages sur cette page n'a pas fléchi, alors me voilà. Certains jours, je crains de vous lasser avec ma litanie domestique. Le jour d'après, je persiste et signe, en grommelant: "Tant pis, je suis chez moi, et je fais ce que je veux!" Pourtant, personne ne me dit rien. L'autre jour, une lectrice m'a demandé la calligraphie du mot "jade", le nom de sa fille. J'étais heureuse d'être utile. Quelque part, dans le fond de nos consciences, être utile aux autres c'est bien. N'être utile qu'à soi, c'est questionnable.
Ce soir j'ai même sorti la machine à coudre pour le pantalon déchiré de mon fils et je suis contente ... d'utilité. Sans mon ordinateur, ce soir, je me couche tôt!
Au fond, entre le regard sur l'horizon et le moulinet de mes bras, il y a une quête de sens, un besoin de justification. À quoi ça sert? Pourquoi? Heureusement, je ne suis plus à l'âge du Qui suis-je? Mais encore, et de façon de plus en plus pressante: "Ou serai-je le plus utile à moi et aux autres?" J'ai un peu mal à la tête. Pas vous?
hier |