08 mars 2004
En duo

Ce matin, pour faire changement à la pluie de virus informatiques qui essaient de m'affubler, dès l'ouverture de mon courrier électronique, un nuage de messages féminisants, au nom de toutes les femmes. Dans les journaux, déjà depuis la fin de semaine passée, des revendications pour les femmes et des tonnes de portraits de femmes plus ou moins étonnants. Ce qui est heureux c'est que les modèles féminins d'exception ne manquent pas, ce qui moins heureux, c'est qu'il faut encore le souligner.

Alors que hier je comptais écrire que sur les femmes aujourd'hui, cet après-midi, en faisant le marché avec mon mari, je me disais que non, je ne vais quand même pas récupérer la journée pour ne parler que des femmes, alors que les hommes sont si présents dans la mienne ... comme dans beaucoup d'autres. À preuve, trois fois sur quatre, nous faisons l'épicerie en duo. Il choisit les viandes, surtout pour les grillades et rôtis. Je choisis les autres viandes, les filets pour faire sauter, ou les poissons. Il va dans les grandes lignes, je vois aux détails. Je pense légumes, il pense déjeuners. Je veille à la boîte à lunch, il surveille les boissons en solde. J'achète pour la famille, il paie par le compte familial. Je feuillète un magazine, alors qu'il met le tout sur le tapis roulant, emballe, remet dans le carosse, pousse le chariot, charge la voiture et décharge le plus gros. J'allais oublier: il se démène avec le trousseau de clés et ouvre la porte avec ses mains pleines du plus gros des paquets. Je suis derrière avec le pain, ou la tarte, ou autre bagatelle.

Ce soir, autour de cette table de conseil d'administration, les mères sont plus nombreuses que les pères. Mais personne ne s'avise d'être mère ou père, mais plutôt parent tout simplement. Alors que je me suis sentie vaseuse toute la journée, peut-être à cause d'un début de rhume, les sujets de ce soir m'ont énergisée. Définitivement, mes dossiers associatifs me vont comme un gant, malgré le défi de la diplomatie qui s'impose. Au cours des prochains mois, j'ai fort à faire, mais bon, j'y suis, et il faut bien faire ce qui s'impose ... J'espère aussi que mon agenda se tient, et que mes différentes vies s'emboîtent sans se piétiner.

Et si le duo s'impose comme unité indivisible, et que l'individu soit vu comme un partenaire de duo en devenir. Et non, l'individu comme entité intègre et le duo comme résultant d'une entente négociée et renégociable. Utopique vous dîtes? Mais Utopia n'est-elle pas notre terre de prédilection? Et non pas cette multiplication de ménages à une personne, surtout dans certains quartiers à la mode de Montréal, comme le Plateau. Ménage à une personne, dit Statistiques Canada! Si c'est l'adresse civique qui définit le ménage, eh bien, nous sommes bien épiciers!

Mais qu'est-ce qui m'a pris de m'engager dans ce monologue d'illuminée? Je suis sensée être vaseuse, et je ne prend que des tylénol, et ce n'est qu'un 8 mars, après tout!

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