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Je suis partie vers ma maison du nord, avec mon plus jeune fils, alors que j'avais à faire encore. Mais j'avais promis d'amener le grand pour qu'il passe au moins un après-midi avec ses petits cousins sur la pente de ski. Partir donc, à l'arrachée, puisqu'il y a encore des documents que je n'ai pas sortis ... Et des personnes que je dois contacter.
Comme mon beau-frère et ses enfants occupent ma maison depuis deux jours, j'arriverai en visiteuse, voilà tout. Et j'ai amené mon ordinateur portatif avec l'intention de continuer l'inventaire de mes livres. À midi donc, je les ai rejoints à la station de ski où j'ai laissé mon fils. Et j'ai fait un tour à la maison, constaté que le beau-frère a bien amené beaucoup de vivres et conclu que je n'aurai pas à cuisiner pour les nourrir. Bref, seule à la maison, je ne ressortirai donc pas, donc, libre pour quelques heures.
Les deux foyers ronronnent et crépitent, alors que j'enregistre minutieusement deux rayons de livres, composés surtout de journaux, mémoires et correspondance. Je n'avance pas bien vite, comme je n'ai pas amené de souris, me débrouillant donc avec le petit bouton-souris intégré à l'ordinateur. Je suis absorbée, travaillant debout, passant ma main sur chaque livre, comme une caresse. L'après-midi a vite filé ...
Soirée sans cérémonie, repas frugal. J'ai longuement discuté avec le beau-frère, jusqu'à ce que mon mari arrive. Je constate que les frères s'argumentent bien plus qu'ils ne discutent, que ce soit en politique, en droit, ou en quoi que ce soit. L'un magnanime, l'autre intransigeant, mais qu'est-ce qu'ils ont en commun, à part d'un père et d'une mère?
Ce soir je veille longtemps, alors que tout le monde est parti se coucher. Mais je ne pense pas, puisqu'une vision de vie s'installe entre ces murs, avec mes livres et moi.
hier |