01 mars 2004
Trop vite

Malgré la journée d'hier, le mois de mars est arrivé trop vite. Un premier de mars qui sent le printemps à 6 degrés celsius (je précise, parce qu'ici, il y a encore des gens qui pensent en farenheit). Un printemps montréalais, je précise aussi, parce que l'on ne sens pas le gazon encore, mais plutôt, des tas de neige sale qui fondent, des coulisses sur la chaussée, du gros sable que la ville avait saupoudré les trottoirs glissants, que maintenant nous ramenons, sous nos bottes, sur le parquet vernis de nos maisons.

Aujourd'hui, je me soigne de ce vague-à-l'âme qui menace de remonter sans raison (ou plutôt sans raison qui mérite qu'on en parle). Comment? En m'attardant à des choses simples et concrètes. Comme aller au nettoyeur, voir la couturière, passer au marché pour acheter du poisson, me faire faire une radiographie, faire un dépôt à la banque. Me voilà sur la rue, à désambuler manteau ouvert, le nez en l'air.

Au perchoir, il faut bien composer avec l'horaire des fils qui sont tous en congé. Alors ils émergent de leur chambre, ébouriffés, l'haleine mauvaise, mais les yeux clairs et, tout de suite, ils parlent de repartir déjà. Et moi qui jongle pour leur faire au moins un vrai repas par jour, et eux qui essaient de me rassurer en me décrivant le vrai gros hamburger qu'ils ont mangé, et les hotdogs, et les frites! Ils mangent au moins ...

Ce soir j'ai pris possession des clés de l'appartement du cousin qui doit arriver ce vendredi. Je ne sais pas si c'est l'effet du vague-à-l'âme mentionné plus haut, mais même mon mari a trouvé le six-pièces un peu triste. Puis nous sommes allés voir le film "Lost in translation". Peut-être ne sommes-nous pas d'humeur, mais ce film de dérision n'a pas été un divertissement.

Cette entrée fut écrite bribe par bribe, un peu péniblement. Tant pis, la soirée est presque passée ...

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