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Ma photo dans le journal ce matin. Je le savais. Étrange de me voir ainsi. J'ai reçu plusieurs coups de fil aujourd'hui, suite à cette photo. Le tout premier souriait au bout du fil, un ton de connivence, presque badin, presque familier. Je ne sais pas si c'est moi qui s'imagine, mais il me semble que mes interlocuteurs sont plus proches, plus proches que d'habitude. Ou bien c'est peut-être moi qui étais plus consciente de leur proximité, à cause de cette photo. Je regardais à côté, tête sérieuse presque de profil, sans sourire, même pas dans les yeux, ou par la commissure des lèvres, ou par la patte d'oie.
Pendant ce temps-là, les autres photos regardent droit dans les yeux, sourire engageant, la mèche de cheveux coquine. Je ne sais pas si les autres reçoivent plus de coups de fil, ou plus de coups de fil flatteurs. Pour ma part, c'était suffisant, encore un peu et je crie: "Bats les pattes!"
Nous retournons vers notre coin du nord, non pas pour un moment de félicité, mais pour voir des clients. Je pensais avoir le temps pour bricoler un peu sur les marches de l'escalier. J'engage, en fin de compte une nouvelle négociation. Aller-retour vers la ville. Trop tard pour cuisiner. Nous retombons sur les vieilles habitudes: aller manger au chinois, après le fast-food de cet après-midi. Et puis, ma soeur et le beau-frère reviennent au perchoir. Mon mari débouche son bon Courvoisier. Qu'est-ce qu'ils sont heureux avec leur cognac! Quant à moi, je ne suis pas douée pour les choses purement sociales, encore moins pour le purement cognac! Difficile de converser seule dans le bourdonnement!
Ce soir je m'endormirai vite. Demain, j'ai beaucoup à faire. Même, j'espère pouvoir me lever assez tôt pour ne pas commencer de travers. Je met à jour en dormant à moitié. J'espère que le pilote automatique prend la relève, de toute façon, il fait beau, vous irez vous promener n'est-ce-pas? Au lieu d'attendre ces lignes ...
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