22 janvier 2004
Larmes furtives

Difficile de s'avouer ses propres larmes, à différents moments, pour différentes raisons, alors que nous sommes au premier du jour de l'an du Singe qui a été si joyeux hier sur la carte de voeux que je vous ai fait parvenir. Mais hier c'était l'intention, aujourd'hui c'est ce qui se passe ...

Minuit dernier, alors que le dragon danse, que les offrandes de fruits et de fleurs défilent en l'honneur de Maitreya, ou le Bouddha rieur et ventru que vous connaissez, j'ai commencé à verser quelques larmes d'attendrissement, à cause de l'ambiance solennelle. Mais ensuite, des larmes de tristesse furtive puisque mes enfants, mon mari aussi, ne sont pas là avec moi, par manque d'intérêt. Quoi de plus à ajouter, j'ai un mari québécois descendant des cent premiers colons de la Grande Recrue de 1653 et j'ai fait quatre enfants à ce pays, tubercules de mes racines qui ne s'y ressemblent point.

Petite déception à midi! Les gens sympathiques d'hier se sont défilés, alors que j'ai amené un dossier vers la bonne direction. Bon vent, bonne voile, je disais hier, et bien, le vent a tombé, les voiles pendent. Alors qu'ils sont des rares clients que je reçoivent chez moi, et les premiers, pour le premier de l'an en plus. Espérons qu'ils n'augurent pas l'an nouveau!

Nous sommes allés chez mes parents qui ont préparé un repas pour l'autel des ancêtres. Nous y sommes allés de nos saluts et prières, avant d'hériter du bon goût des petits plats. Vaquer à quelques occupations chez mes parents, c'est comme y mettre un peu de vie. Je leur bavardais joyeuse et tranquille. Avec ma soeur, un court moment aux cartes, puis nous partions, d'abord pour un souper tranquille, ensuite pour passer voir un ancien client. Là où ça se gâte, c'est quand je me suis mise à consolider mon agenda électronique pour me rendre compte que j'ai du théâtre ce soir, chez Jean-Duceppe!

Course folle à travers la ville, sur une chaussée glissante. La bordée de neige de ce matin est bien présente encore. Voir le client vite, rentrer à la maison pour prendre les billets, manger vite, arriver à l'heure à nos sièges. Mais l'humeur maussade, presque à l'affrontement verbal. L'esprit du singe rieur n'y est pas, ni du Bouddha généreux. Heureusement, la pièce "Des fraises en janvier" d'Évelyne de la Chenelière est savoureuse, divertissante, admirablement jouée par les comédiens du Théâtre d'Aujourdhui. En sortant de la pièce, je veux déjà la revoir! Quelques larmes pendant la pièce, à cause d'une tirade et des mots criants de vérité. Une très rare pièce contemporaine d'ici où tout est de bon goût!

Aujourd'hui, les déplacements pèsent, la neige aussi, le conjoint, le prochain, le monde, tout pèse. La bonhomie du jour de l'an n'est pas sur commande, le blues de l'hiver guette, mais aussi le vague-à-l'âme de la 7è période. Pour le premier de l'an, mon coeur n'est pas en fête. Mais j'ai tout mon temps pour me rattraper, surtout qu'en cette année bissextile, le 29 février me consolera de ce 22 janvier. Voilà!

hier consulter les archives demain

retour à la page principale

1

Untitled