16 janvier 2004
Effervescence
Je suis dans une forme incroyable. Non pas parce que mes bobos sont partis, mais parce que ma tête est lucide et roule à plein gaz. J'ai bien envie d'écrire trois entrées, tiens, pour le prix d'une!
Hier orpheline ...
Après avoir écrit ici, j'ai sauvé quelques clics et coupé court à la routine de mise-à-jour habituelle, puisque l'un des regroupements est en panne technique et l'autre m'a excluse unilatéralement (j'étais soupçonnée non pas du délit mais de la mentalité de délateur et de fauteur de troubles, mais je suis maintenant convertie en esclave sacrifiée à l'autel de la non-rectitude, à titre d'exemple!). Étrangement, en ne signalant pas à des regroupements ma mise-à-jour, je me suis sentie un peu orpheline, quoique cela ne change en rien la tenue de ce journal. J'étais un peu comme dans le grand parking hier du Costco, vous vous rappelez, seule, dominant mon petit monde, au lieu d'être fourmi besogneuse comme tous les autres. J'ai bien envie de revenir au titre original, Le monde de Sally, au lieu des Quatre saisons de Sally, que j'aime bien aussi, mais il n'a servi surtout à ce que je ne sois plus classée alphabétiquement à côté d'un autre site qui n'a pas vécu longtemps, qui répondait au titre de Le monde de Vomit Popsicle ( ou quelque chose comme ça!). Il y a de tout sur le net, comme chez les diaristes!
Aujourd'hui ...
Belle conversation encore avec mon amie de Québec. Nous tirons des plans pour nos rencontres prochaines, que de complicités, et de rires, en perspective! Puis je suis partie précipitamment voir mon coiffeur à qui j'ai offert son cadeau de Noël (!), une statue de Bouddha. Bientôt, je vais aussi faire le tour des clients, à qui les boîtes de biscotti sont destinées. Même si Noël est passé, les biscuits leur sont toujours acquises. Par ce temps froid, trempés dans le bon café noir, ils feront fondre bien des coeurs gourmands!
Sous un temps glacial et des rafales impitoyables qui me coupent le souffle, nous sommes partis au Marché Central où j'ai fait provision. D'abord, il y a l'année du Singe qui s'en vient et ce n'est pas de bonne augure que d'avoir les réserves vides et le grenier désert. Et puis, les jumeaux aussi retournent au collège lundi prochain et mangeront plus souvent à la maison. Bref, nous voilà revenus chargés comme des mulets. Pour réaliser qu'il est vendredi soir, les pigeons sont tous absents. Nous voilà pris à tout monter les escaliers nous-mêmes, puisque je ne pourrais pas quand même laisser toutes ces victuailles geler dans la voiture froide comme un corbillard. Il n'y a plus un pouce d'espace libre dans le frigo!
Orphelins ce soir
Souvent, nous étions désemparés le vendredi soir, quand les fils s'absentent. Ce soir encore, je disais que nous sommes orphelins d'enfants. Mais pour une fois, nous ne nous sommes pas morfondus! J'avais acheté du crabe d'Alaska. Des pattes de crabe énormes, un kilo pour préciser. Il me semble qu'il y vingt ans que nous n'en avons pas remangé. Alors qu'avant d'avoir les enfants, chaque semaine nous allions en manger à ce bar-restaurant très à la mode, le Thursday's sur la rue Crescent. Là, foisonne encore aujourd'hui la faune cosmopolite de Montréal.
Pour revenir aux pattes de crabes d'Alaska de ce soir. Elles constituent notre souper à la chandelle, avec un bon vin rosé et une belle musique. Mon mari est ivre de plaisir, alors que les souvenirs affluent ...
Mes passions
Dans l'esprit de ma grande forme mentale présente, j'ai eu l'idée d'énumérer mes passions comme suit:
Mes enfants. Si on y touche, je deviendrai une lionne ...
Mon mari. Qu'on n'y touche pas, parce que je ne partage pas. Le principal intéressé est tout à fait d'accord. Sur cette question, je suis pour l'exclusivité (je n'ai pas dit possession), la fidélité, la loyauté. S'il y a erreur de parcours, j'encaisserai le coup et tournerai la page. Point.
Mes livres. Je suis obsessive compulsive et ne me soigne pas. Je ne saurais pas choisir un livre ou trois, pour les amener sur une île déserte. Ou bien je les amènerai tous ... l'île déserte sombrera dans l'océan, avec moi et tous mes livres!
Les bijoux. Que de très beaux bijoux. Du diamant, des pierres précieuses, de l'orfèvrerie. Des bijoux racés, non pas parce qu'ils déferlent et envahissent, mais quand ils vous hypnotisent et que vous vous noyez dans leurs éclats! Dans une autre vie j'étais reine, ou le serai un jour ...
Les peintures. Qui me parlent ou qui me séduisent. Je n'oublie jamais ceux qui m'ont parlé ou séduit.
Les sculptures. Surtout les statues anciennes qui en imposent par leur sourire énigmatique ou leur pose immuable. Irrésistible envie de les caresser.
La liste est courte vous me direz, mais une liste assumée. Je ne vais pas quand même énumérer tout ce que je fais, puisque tout ce que je fais, comme ce journal, je le fais avec passion.
La toile et la poussière
Il paraît, selon cette recherche que l'internaute est un être sociable, cultivé ... qui aime les livres! Je me reconnais bien. Sauf que je fréquente ce clavier, bien plus que je ne fréquente les autres recoins de ma maison. Résultats? La poussière règne partout. Des objets insolites envahissent toutes les surfaces planes. Les plantes déclinent ou meurent tout simplement, de sécheresse (c'est la faute au chauffage d'hiver) ou d'inondation (c'est grâce à mes excès de culpabilité qui les noient de temps à autre). Ma fontaine d'eau à clochettes est asséchée, laissant des cernes de calcaire blanc sur les parois, preuve de mon délaissement. Les surfaces de plancher rétrécissent, à cause de tout ce qu'on n'arrive pas à ranger ou à s'en débarrasser. Les seuls endroits libres de poussière sont la cuisine et le bureau de travail: on y bouge trop! Remarquez que nous sommes plus heureux avec la toile et nous nous accommodons avec la poussière! Jusqu'à ce que je reçois, comme demain après-midi par exemple!
J'ai bien mis trois fois plus de temps que d'habitude pour faire cette entrée! Le ton saccadé, la présentation en capsules, c'est bien l'effet de trop d'effervescence! Ça passera ...
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