13 janvier 2004
Magistral

Réunion d'un comité exécutif à 8h ce matin. Ne riez pas, c'est très tôt pour moi. J'étais la première arrivée, le président me suivait. Dans le grand escalier de marbre et de chêne, j'avais croisé quelques personnes hors de ce comité qui m'ont abordée avec des salutations agréables et détendues. Tiens, malgré le grand froid du jour, les congés ont réchauffé les bonnes volontés et les relations.

Relations de travail harmonieuse ensuite, en matinée. Rencontre avec une amie cliente à midi et j'ai mangé sushi. Après-midi chancelant, malgré tout ce que j'ai sur les planches. La machine toute entière ne suit plus, malgré que la tête s'efforce d'ignorer ce serrement aux tempes. Approche stratégique avec mon fils le casse-gueule. Lecture des coupures de presse afin d'alimenter le blog Montréal urbain. Pendant ce temps-là, du travail important et urgent attend ...

Souper vite fait. Ensuite, j'ai donné une session de formation magistrale, la plus importante en carrière! (si si, j'ai déjà dispensé des cours dans certaines de mes tranches de vie passées!). C'est la première fois que je m'adresse à ce groupe de nouveaux clients et je ne suis pas sûre qu'ils comprennent, et acceptent, mon vocabulaire et mon approche.

J'ai préparé le terrain, qualifie certains vocabulaires, vois à leur matériel de travail, tiens mes distances, suis leur cheminement et leur pensée en gardant mon regard constamment sur eux, l'un après l'autre.

Ils étaient plus sérieux que je ne le pense, écoutent, posent certaines questions de précision, penchent leur tête de novices sur leurs papiers et gribouillent. Leur regard était tourné comme vers l'intérieur d'eux-mêmes. Ils ne se sont pas défilés et ils sont là, toute ouie.

Dans la salle, autour de nous, plus rien n'existe. Pas un bruit, hormi le clipotis de leurs pensées qui s'agitent. Je ne me suis pas penchée par-dessus leurs épaules, campant mon personnage et mon espace physique en avant, près du tableau noir, si l'on peut dire. Et j'ai terminé la session avant qu'ils ne soient trop fatigués!

Je suis contente de revenir à la formation magistrale, surtout avec ce groupe d'étudiants-ci (mes trois fils, avez-vous deviner?). Eh oui, je leur dispense des séances de planification d'objectifs et d'organisation de travail! L'essentiel c'est de mettre en place une distance entre la mère qu'ils voient tous les jours, et la coach qu'il découvre sous un autre jour! Jusqu'ici, ça marche!

Ce soir, c'est moi qui n'en peux plus! Je traîne sur ce clavier sans réussir à m'attaquer à cette urgence qui attend! Demain matin, très tôt, peut-être!

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