11 janvier 2004
Ma nuit le jour

Depuis hier que je parlais de dimanche qui, bien évidemment, s'est poursuit aujourd'hui. C'est que les jours se ressemblent tous quand on n'a pas d'horaire. Quand on pousse tard (ou tôt) sur ce clavier, hier s'étire et demain est là, tout en même temps. Il est nuit ou il fait jour, c'est du pareil au même. Mes cégepiens sont encore en congé, pour eux aussi, tout est à l'envers: le matin commence vers 13h, la douche matinale vers 15h (si douche il y a!) après un repas qui n'est ni petit-déjeuner, ni lunch (plus souvent qu'autrement, ce qui reste au frigo!), des séances sur msn extensives en plus de quelques coups de fil, puis ils sortent tard en soirée, reviennent très très tôt le lendemain matin qui n'était que le prolongement de la veillée d'hier soir-matin! Cela va leur prendre du temps pour se remettre à l'heure des cours et des classes!

Aujourd'hui donc, le vrai dimanche, nous nous attardons à remettre les fils sur les rails, petit baratin de parents qui ressemble à s'y méprendre au petit discours de l'entraineur à l'équipe de hockeyeurs: vision, concentration, discipline, courage du combattant, etc. Ma soeur fait la même chose sur son fils de quelques années plus jeune que les miens. Réunion de concertation d'entraineurs autour d'un bol de soupe bún bò húê, puis nous retournons vers nos moutons pas si dociles que ça!

Au-delà du quotidien qui consiste surtout à fournir ma maisonnée en nourriture terrestre comme mentale, inspiration, motivation et sens de direction. Mes amis nouvellement retrouvés aux quatre coins de la planète et mes projets à différents niveaux me procurent des perspectives qui m'enflamment tout entier. Il faut que mon corps puisse suivre toute cette formidable énergie!

Soirée du clan chez un de mes frères, autour d'un bol de phở (je sais, nous sommes toujours entrain de manger un phở, c'est notre "comfort food"), à organiser les festivités du Têt pour la semaine prochaine. Nous allons encore trop manger!

Ce soir, après que tout le monde soit retourné chacun chez soi, qui pour l'école, qui pour le boulot, demain matin, ma soeur (la même) et moi, nous sommes allés chez mes parents pour jouer aux cartes de tứ-sắc avec eux. Nous étions seuls, tous les quatre. Dans un coin du salon, la petite cascade d'eau chante, dans l'autre coin, l'eau filtrée de l'aquarium répond allègrement. Si vous voyez comment ils étaient heureux, mon père nous sert le brandy et veux nous faire manger tout ce qu'il a sous la main, noix, friandises, etc. Les deux sont bien éveillés et en forme, blaguant, jouant aux cartes, pensant tout haut ... C'est presque une tradition et un devoir chez nous que les plus jeunes entretiennent et divertissent les aînés dans leurs vieux jours. Ma soeur et moi pensons que nous devrions pour la nouvelle année les rencontrer ainsi, aux deux semaines, régulièrement. Ils ne demandent pas mieux, nous ne pourrons pas plus. Juste un détail, pour une séance de cartes comme ça, le plus malchanceux du jour perd quelques dollars. Et ce n'est qu'un prétexte aux jeux, sans plus. Le plaisir échangé est de loin le plus grand gain!

Vers la fin de la soirée, je commence à stresser pour tout ce que j'ai à faire pour demain, la rentrée technique aux activités tout azimuts. Ce soir encore, ma nuit sera le jour! Mon corps a froid mais ma tête bouillonne! Entre les deux, il y a une volonté ...

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