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Au réveillon d'hier soir chez ma soeur, l'atmosphère ne levait pas, malgré les bouteilles de la Veuve Clicquot. Le coeur n'y est pas tout à fait, les têtes trop sérieuses, le plafond trop haut, l'espace trop vaste. J'ai mangé et bu, champagne et porto. J'en suis même un peu malade, pour ces quelques gorgées. Ma fille a téléphoné, je n'ai pu que lui dire que le printemps est trop loin, si elle peut bien descendre dès février, à son anniversaire et à la mienne!
Mes fils étaient joviaux, quel plaisir de les avoir avec nous. Un coup de fil de Suisse, bavardage avec mon amie. Un mail envoyé en Europe, un retour de mail d'un copain. Les voeux sont rares, l'esprit absent. Ce qui importe c'est le cocon, symbolisé par l'intérieur de ma voiture que mon mari conduit avec prudence, en silence, derrière nous, les trois fils se tiraillent et se relancent. J'écoute, je savoure leur présence. J'irai ainsi jusqu'au bout du monde.
Ce matin, j'arrive à peine à me lever. Pour vite retourner me coucher. À 14h, tiraillée par la faim, je me lance dans les oeufs et le bacon. Nous cinq à table, une autre chevauchée. Ils sont charmants, en pleine vie, le visage lisse, l'âme peu troublée. Puis nous partons avec le plus jeune au cinéma. "Lord of the Ring: the Return of the King". Bien entendu, les jumeaux l'ont déjà vu. J'en suis sortie avec un mal de bloc, comme d'habitude, bien impressionnée par toute cette noirceur, et la laideur des orgues, et les cris des dragons volants, et la violence des batailles, comme de toutes les batailles. Je ne sais pas comment me cuirasser ...
Au souper de ce soir, la dernière ration de ma sauce à spaghetti a servi. Tous les cinq ensemble, encore. Dessert au chocolat reçu de Suisse. Merci, copine. Puis deux des fils partent voir "The Last Samouraï", mon mari aurait voulu que nous retournions aussi, au cinéma, pour un autre film. Mais j'ai décliné, assez pour aujourd'hui.
Me voici, préparant mes liens et mes archives pour 2004, cette nouveauté! Ce chiffre rond. Écrire 01-01-2004, savourer cette nouveauté pour quelques heures encore. Le temps martèle son avance implacable, à mon oreille, on dirait que sonnent, non pas les cloches légères, mais les pas menaçants de l'armée des orgues. Il faut que je chasse cette vision ...
Peut-être est-ce le temps pour moi d'exprimer au moins une résolution, un voeu, un désir? Que mes forces reviennent, que mes pensées se concrétisent, que mes désirs authentiques se réalisent. Que je puisse séparer le vrai du faux, l'essentiel du superflu, pour moi et autour de moi! Que je puisse être lucide, et forte, et sage! Que mes actions s'accordent avec le juste chemin!
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