29 décembre 2003
En rire ou en pleurer

Nous nous sommes levés ce matin avec une seule idée en tête: reprendre contact avec notre fils qui n'est pas venu avec nous à la campagne les derniers jours. Son jeune frère et lui sont donc venus manger au restaurant chinois avec nous. Il a choisi plusieurs plats et m'avouait qu'il avait peu mangé. Nous avons discuté avec entrain de tout et de rien. Un moment de grâce que son père et moi apprécient énormément. Nous sommes ensuite allés au Costco et Futureshop, où j'ai réussi à leur faire acheter leurs jeans, etc. Papa-pense-à-tout lui fait faire des ajustements à ses lunettes. Bref, tout est pour le mieux, nous sommes heureux de ces retrouvailles. Et nous avons accepté qu'il se cherche un petit emploi à temps partiel pour qu'il se fait de l'argent de poche, à condition que ses études soient en priorité.

Au souper, le roastbeef était réussi, tous les cinq nous avons continué à bien échanger. Et j'ai appris, au moment où j'attendais le moins, qu'il a coulé la moitié de ses cours de la dernière session! J'ai très bien réagi, remarquez, après tout, ce n'est pas une délinquance irréparable! Son frère jumeau a naturellement passé tous les siens! Alors que je digérais comme je peux, le roasbeef et la nouvelle, sa soeur téléphone de son nord pour demander à papa quel morceau de porc à acheter, et comment on apprête un rôti, etc. Bref, j'ai un fils cancre et une fille qui, pour la première fois de sa vie, ne discute pas lecture pour apprendre à cuisiner. Faut-il en rire ou en pleurer? Furtif sentiment d'avoir un peu raté mon coup ...

J'aurai préféré ne consigner que ce qui suit: pour la première fois, depuis toujours, je n'ai pas encore réfléchi aux résolutions (ou prévisions) pour l'an prochain. Alors que d'habitude je tire mes plans dès novembre même, cette année, mon niveau d'énergie est au plus bas et je contemple le tout comme par une longue vue lointaine, à la lunette embuée, comme si je ne suis plus trop certaine que je suis toujours maître à bord. Ne suis-je plutôt que grimoire et marionnette? En tout cas, mes cartes sont un peu brouillées et je suis un peu lasse et lâche de les démêler!

Aujourd'hui, j'ai cédé à la tentation de lire (et acheter) en anglais: "Girl with a pearl earring" de Tracy Chevalier, mais aussi "A Year with C.S. Lewis", un roman et des réflexions pour chaque jour de l'année. J'ai quand même ramassé les "Chroniques du dimanche" de Stéphane Laporte (pour le minois d'enfant qu'il a sur la couverture) et "Le roman de Confucius" de Maurice Magre.

Plus que jamais, je suis contrainte à vivre l'instant présent, au jour le jour. Voilà deux amies à qui j'ai dit que l'on se verra dans les prochains jours, sans prendre rendez-vous encore. Déjà, sur les plans d'ensemble, je dois reviser mes attentes. Vais-je encore tirer des plans que je ne peux pas honorer? Pour la première fois, je doute de ma forme nécessaire au voyage planifié pour l'été prochain, alors que plusieurs projets comptent sur moi ... Faut-il en rire ou en pleurer, je me le demande?

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