02 décembre 2003
Une autre journée de décembre

J'ai encore rêvé cette nuit des bribes d'histoires excentriques que j'aurai dû noter tout de suite. Mais là j'ai tout oublié, sauf un nom: Dompierre. Dans la vraie vie, je n'en connais aucun. En écrivant ce nom, un prénom s'impose à moi: François, François Dompierre. Vous en connaissez vous, de François Dompierre. Pas moi. Tiens cela mérite une recherche sur google!

Je me suis levée très très tôt. Moudre du poivre à 5h du matin, ce n'est pas dans mes habitudes. Depuis cette diète et cette mise en forme, je suis inspirée ... Surtout que mon médecin m'a autorisée à arrêter de prendre mes comprimés de Diabéta (du moins, son produit générique), mais je garde le même dosage de glucophage pour le moment.

Je me maquille légèrement avant de sortir déjeuner avec une amie. Ça non plus, ce n'est pas dans mes habitudes. Hier, à la pharmacie, mes yeux sont arrivés par hasard sur un magazine en kiosque, Jocelyne Cazin, 52 ans, journaliste, à la boucle légère, au teint clair et l'oeil pétillant, me regarde droit dans les yeux. Ah, moi aussi tiens, Sally, 52 ans, en beauté! Pourtant, jamais avant aujourd'hui, je ne me suis vue en reflets ainsi, que ce soit devant le miroir, ou une photo de magazine.

L'amie avec qui j'ai mangé un couscous ce midi a eu sa part de troubles de mère, bien pires que les miennes, si bien que j'ai plutôt écouté ses histoires au lieu de raconter le peu des miennes. Mais elle me déclare d'emblée, au début du repas, qu'elle a bien envie qu'on démarre un projet ensemble et puis qu'elle veut venir au Viêt-Nam avec moi. En voilà une surprise! Nous convenons des démarches à poursuivre, des contacts à prendre ... Et, on verra bien!

Vite, je suis revenue au perchoir, transie dans mes bottillons, malgré mon long manteau. Mes menstruations endiguées le mois dernier, me faisant espérer une ménopause officielle enfin, déferlent en ce moment en double. Sur mon bureau, comme sur cet écran, pas de message, pas de courrier, comme si je venais de m'esquiver pour un long lunch, sans que personne ne s'en aperçoive dans la boîte où je suis sensée travailler. Mais dans ma boîte crânienne, je sais que j'ai des choses qui traînent en longueur ...

Je fais ma propre chaudrée de palourdes. Mon mari a l'air incrédule, mais goûte et le trouve très bien. Les fils arrivent un à un pour le souper. Un seul manque à l'appel, un travail à remettre le retient au collège, j'imagine. Nous partons faire un petit tour au casino, la carte de tirage qu'il nous envoit servant de prétexte. Mais je ne me leurre pas, j'aime bien le bruit des machines à sous qui tintent. Ne vous inquiétez pas, à coups de vingt-cinq sous, en moins d'une heure, je ne risque pas de gagner gros ni ne perdre beaucoup. Le pire c'est qu'après avoir mis vingt dollars dans une machine et que le dit billet dure trop longtemps, parce que la machine est dans sa phase chichement généreuse (!), d'autant plus que l'on commence à avoir mal au bras contamment levé sur les boutons à actionner (si on ne mise que vingt-cinq sous à la fois, donc un jeton, on doit appuyer sur deux boutons au lieu d'un seul pour la mise maximale de trois ou cinq jetons), on en vient à souhaiter d'en finir au plus vite ... pour pouvoir s'en aller!

Avez-vous jamais pensé que le mois de décembre est un mois marqué d'attentes. Oui, bien des choses à finir avant la fin de l'année. Mais aussi beaucoup d'attentes pour un signe, une déclaration, une offre. Espoir de cadeaux, de cartes, de mots, d'amour, de réconciliation ou d'amitié. Attente pour que ces derniers jours du mois passent, pour que d'autres recommencent. Avec l'illusion de tout recommencer à neuf. Le mois des résolutions, ou de non-résolution.

Paradoxalement, en décembre, j'ai aussi plein à faire, mais je m'occupe comme on joue à s'occuper, en attendant que le mois passe ... C'est terrible, mais je ne me sens pas coupable.

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