31 octobre 2003
Pensant à moi

Pensant à moi, aujourd'hui j'ai pris rendez-vous avec une diététiste spécialisée en diabète de type 2. J'ai aussi vérifié si mon rendez-vous de médecin n'arrive pas dans mes jours de voyage en Californie. Et si je vous disais que je suis allée à l'épicerie à pied, mais revenue en voiture (mon mari me ramassant, avec les paquets). J'essaie comme vous voyez de faire plus santé!

Pensant à nous aussi, de plus en plus souvent, il m'est venu l'idée que les fils n'étudieront pas plus, ou moins, que nous soyons là ou pas. Comme si je tend à me convaincre que mon rôle auprès d'eux s'efface doucement, mon rôle de nounou je veux dire. Mon rôle de guide est là toujours, mais pas nécessairement tous les jours, seulement aux virages!

Ce soir, alors que je ne suis pas encore partie et revenue de mon voyage à San Francisco, nous nous engageons déjà à un autre voyage en mars prochain, sans parler encore de l'autre au Viêt-Nam en juillet. En pensant toujours à moi, à nous, assurément. C'est très présent dans mes pensées, en ce moment, l'insistance de faire tout ce que je veux faire, avant que je ne puisse plus.

Ces jours-ci, nous passons des jours si tranquilles mais pas du tout vides. Soir d'Halloween où aucun spectre ne vient nous hanter. Deux fils sont sortis, chacun de son côté, l'autre reçoit des amis en-bas, faisant venir trois grosses pizzas. Avec ses jus, ses bouteilles d'eau et de bière dans le frigo branché au garage, il est presque autonome. Tout compte fait, ce sont nous les épouvantails, n'étant là qu'en cas de pépin, mais aussi, pour que les fils gardent une certaine mesure, dans leur soif de vivre ...

Je pense à moi, en faisant de petits pas, tout en allant loin. Pensant à moi toujours, il est grand temps que je brasse plus fort mes affaires professionnelles, laissant suivre leur cours, les autres. Retrouver la perspective, recentrer l'urgence du moi, puisque les associations, les collectivités continueront leur chemin, mieux ou moins bien, avec comme sans moi. Il me restera toujours, contre vents et marées, ce mari, ce compagnon, cet amant, ce double indissociable, pour tous les coups à venir, bons ou moins bons.

Il m'est encore venu furtivement cette idée qu'il m'est plus précieux que le fruit de mes entrailles, puisqu'il m'est pour le rester, alors que mes enfants ne font que passer, se ravitaillant en vivres et en amour, avant de continuer leur route. Mes enfants, au fond, sont nés pour les autres, mon cadeau aux autres. Alors que lui et moi, sont ici pour nous-mêmes, du moins dans cette vie-ci.

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