|
Il fallait peut-être que j'écrive nord sud en minuscules, puisque ce n'est que mon petit nord et mon petit sud, chacun à une heure de distance du perchoir. Mais on a le territoire, le royaume, le monde que l'on veut bien avoir n'est-ce-pas?
Ce n'est donc que ce matin que nous partions vers mon nord, après avoir reculer toutes horloges et montres d'une heure. Dans mon nid des Laurentides, je n'ai eu que le temps de remiser la chaise berçante double au garage et de mettre ce grand matelas dans la camionnette pour le prêter à l'oiselle et son compagnon, en ville pour l'instant. Avec une bonne couche de neige sur le gazon et le bonhomme de neige à moitié défait sur le parking, mon mari tenait absolument à fignoler l'abri pour les bûches cordées derrière la maison. À la pluie, en bottes de cowboy et veste de cuir. J'essayais de freiner mon impatience, puisque j'aurait ma réunion importante en début d'après-midi.
Fluide réunion, bonne maîtrise de l'assemblée, bon climat, rien à redire. Je suis très satisfaite de ma prestation. Retour vers la ville, dans la pluie et le brouillard.
Bref passage au perchoir pour prendre les trois fils et puis nous partons vers Longueuil, au sud de Montréal. Réunion de clan, surtout pour coordonner ce voyage à huit, frères, soeurs et parents vers San Francisco en novembre. Voyage sans conjoints qui, en notre absence iront avec les garçons au baseball! Parties de plaisir en vue, de part et d'autre.
Chez ma soeur donc, nous mangeons tout ce qui nous gâte (durian et cie), certains boivent ce qui les comble (vins et cognac). Plus que le voyage en Californie, nous planifions déjà le menu de Noël tout en pigeant les noms pour l'échange de cadeaux. Le clan à son meilleur donc. Aussi, en fin de soirée, discussion autour du nouvel état de l'oiselle, signes et paroles d'ouverture de tout un chacun (du moins des plus expressifs et des plus légitimes, donc les oncles et tantes de sang et non, oncles et tantes par alliance). L'oiselle conserve le soutien et la place dans le clan, même si chacun exprime de la peine pour son techniquement encore mari. L'ordre des choses suit son cours. Elle confirme (et tout le monde s'attend à) sa présence à la réunion de Noël, son nom est dans l'échange de cadeaux. L'oiseau est en marge, il y a encore de l'eau qui passera sous les ponts, d'ici Noël!
Il y a ce respect de l'autre, cet accueil au changement, malgré la nouveauté initiale, qui règne dans mes échanges cet après-midi dans mon nord, comme ce soir dans mon sud. Il y a cette harmonie qui ne se défait pas pour si peu (oui, si peu), qu'en moi, l'espoir est grand, pour un monde meilleur, un monde qui tire partie du meilleur de ses parties, et non le contraire.
Nous n'avons quitté qu'après avoir écouté de petits morceaux joués à tour de rôle au piano par les quatre neveux et nièce, de cinq à neuf ans. N'est-ce pas là, meilleurs espoirs d'un monde meilleur, où règnent jeunesse, discipline, beauté et évolution.
J'aurai voulu avoir cette rigueur pour mes enfants quand ils étaient jeunes pour l'apprentissage de la musique. Ce soir, moi aussi, je voudrais apprendre le piano. Et pourquoi pas?
hier |