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Ce matin, phase finale de mon gros dossier professionnel. Ces mots sonnent fort, mais en pratique, ce n'est qu'un bon coup réalisé en un temps record, là où les bons acteurs se sont croisés au bon moment, au bon endroit. N'empêche qu'il est bon d'assister à la séance de signatures où beaucoup d'argent ont changé de mains aussi simplement que lettre à la poste. Du coup, en fait depuis deux mois que le dossier est dans l'entonnoir, les normes du possible ont bougé dans nos visées professionnelles. Le défi des prochaines années serait-il de travailler moins encore, mais mieux?
Après-midi consacré à l'épicerie (encore!). Ce vendredi soir nous ne seront pas seuls puisque l'oiselle et l'oiseau viennent manger mon spaghetti. Garçon tendre, devenu garçon distant même avant les aventures de sa soeur, transformé en garçon dissident depuis, a prétexté la présence de sa demi-douzaine de copains et copines dans leurs quartiers, pour ne pas monter saluer (ne parlons pas de faire connaissance!). Le plus jeune assiste au repas puis disparaît. L'autre, le fonceur, revient tout sale de sa partie de rugby, prend sa douche, fait rapidement connaissance et repart ... manger ailleurs!
Bref, c'est loin de la soirée classique où le nouveau venu arrive les fleurs à la main, les présentations se fassent, les jeunes échangent entre eux et les parents assistent et observent les courants de sympathie un peu en retrait. C'est plutôt les échanges entre nous et l'oiselle, les deux garçons ponctuent un peu, le nouveau venu dodeline de la tête, parle peu, bafouille un peu plus. Très dépaysan pour nous (et nous pour lui, sûrement!). Je crois que je n'ai rien appris de plus, ni pour l'apprécier ni pour le déprécier, seulement la question s'impose insidieusement: qu'ont-ils en commun ces deux-là? Rien dans l'éducation, rien à la base, peut-être quelque chose dans les branches, l'air des bois, la simplicité du brut, l'appel non pas du large, mais du contraire. Tout ceci déplace (déplace, ne lisez pas: dépasse) les bornes de nos normes, mais justement, par le fait même, lance le défi de l'adaptation au changement.
Scène de fin de soirée banalement ordinaire, mais combien étrange pour moi ... Dans ma chambre nous étions: l'oiseau posé sur ma chaise de lecture avec repose-pied et tout, l'oiselle assise à ma place sur le lit, à côté, mon mari allongé à sa place, j'étais coincée au milieu, mi-assise, mi-allongée, me levant beaucoup, m'asseoyant au pied du lit, ... Nous regardions un film, un film que nous avons tous déjà vu, sauf lui.
Tant qu'à déplacer normes et principes, peut-être devrai-je installer une télé au salon?
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