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En aval de moi, il y a l'oiselle qui discute fort au téléphone, que je conseille et que je soutienne. C'était ce matin, alors que je lui ai passé un manteau puisqu'il neige vers mon coin des Laurentides, après qu'elle (plutôt lui, ou elle et lui!) ait fait un dérapage de 360 degrés sur des pneus Michelin.
En amont de moi, il y a mes parents qui s'ennuyaient à mourir en cet après-midi pluvieux. Alors ils viennent me voir, pour jouer quelques parties de tứ sắc distraitement, surtout pour m'entendre parler de l'aval et de l'amont, de leur aval et de l'aval de leur aval, tout compte fait. Sur le cours de la vie, il y a de ces méandres qui sont en même temps mystères pour certains, ou lieux communs pour d'autres. En aval ou en amont, même cours d'eau, mêmes méandres, mêmes mystères et mêmes lieux communs. L'essentiel est de savoir où l'on est rendu dans le cours de notre vie. En amont un jour, en aval un autre jour, mais aujourd'hui, je suis en même temps, en aval et en amont, tout en étant moi qui facilite le flux de la compréhension et le gap des générations. En navigation j'excelle, savez-vous?
Ce soir j'ai donc soupé avec mes parents loin du perchoir, alors que mes quatre enfants naviguent chacun vers une direction différente, sur le cours de leur vie. N'êtes-vous pas fascinés comme moi du simple fait que mes parents poursuivent le cours de leur vie, en eux-mêmes, comme à travers moi, vers quatre directions différentes, à travers mes enfants. Sans parler de leur huit autres enfants, et des enfants de leurs enfants. Il y a là un formidable lieu commun, une évidence, mais aussi, une expérience mystique!
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