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Je disais donc que je ne verrai pas cet automne passer. Mais il a fallu que tu te le dises ou que tu l'écrives pour qu'instantanément tu te dises autre chose: non, ce n'est pas vrai, il n'en tient qu'à toi de changer ça!
Alors voilà, ce matin, profitant du temps radieux de cet été des indiens, nous sommes partis nous promener en voiture: longer le boulevard Lasalle, aboutir à Lachine, manger sur le bord de l'eau, regretter de ne pas avoir mon appareil photo avec moi et puis, traverser le pont Mercier et se promener encore au bord de l'eau à ville de Léry ... Au passage, s'arrêter chez le beau-frère, donner la nouvelle et par la même occasion, discuter des papiers de divorce officiel de l'oiselle. On en vient aux platitudes, confirmant les statistiques.
Ce soir nous remontons vers notre maison du nord, l'oiselle et l'oiseau, sortis de leurs bois, veulent bien nicher quelque part, pour l'instant du moins. Étrange situation, étrangeté même de la chose! Je disais donc, hier aussi, que je ramassais les pans de ma robe à traîne. Ce soir, dans la robe à traîne donc, la mère est bébête au possible: tout ce qu'elle a été capable de dire c'est que l'oiselle ne sait pas cuisiner (en voulant dire par là que toi l'oiseau, débrouilles-toi pour qu'elle se nourrisse!). Deuxième question: est-ce que l'internet se rend là où tu perches? À la réponse affirmative, elle (la mère) enchaîne: " ... parce qu'elle (la fille) ne survivra pas longtemps sans!" S'ensuit une conversation un peu boiteuse à quatre: l'oiselle vive et légère forçant peut-être un peu la note, l'oiseau très réservé dans son coin, papa au naturel, cordial, offrant une bière (ah la bière ouvre-porte, la bière passe-partout), maman parle un peu sans se résoudre à laisser tomber toute réserve. Quand elle essaie de parler, elle parle à la fille. Impossible de parler à eux encore, à vous deux ... C'est toujours l'oiselle et l'oiseau, sont-ils de la même race? Pas encore de la même tribu pour moi? Étrange ce tableau! À minuit, deux bières sur la table, deux femmes qui semblent se parler mais qui ne font que meubler le silence, un feu de foyer qu'on n'en jouit pas et qui ne sert que d'excuse pour la bébête à se lever de table, pour casser ce cercle à quatre, pas encore harmonieux, pour se rasseoir encore pour un autre essai. Bref, entre la logique et l'incontrôlable, il y a une marge que seul le temps pourra niveler ...
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