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Ce matin, je me suis arrachée à ma léthargie pour aller comme prévu à la pagode. Rare occasion pour accueillir les reliques bouddhiques qui font une tournée mondiale, dans le but de construire ces lieux hautement spirituels dans le nord de l'Inde. Écouter les paroles du lama Neten Rimpoche, traduites en anglais, puis en vietnamien. Suivre l'ordre et le calme, dans la foule, refuge et repos ultimes. Se laisser porter par les paroles, par la voix du moine, par les litanies, les chants. Laisser sortir des larmes du trop-plein le long de mes joues. Dans la foule, sous mon veston, à l'étroit, jambes pliées en demi-lotus ou dépliées comme je peux, je subis l'inconfort de la position tout en me laissant porter par la houle.
À la fin de la cérémonie, recevoir agenouillée la bénédiction de la relique de Bouddha posé brièvement sur ma tête par le lama. En me dégageant de la foule, je titube. Avant de sortir, je cueille les livres offerts en don à tous. Je contribue bien sûr au fonds pour la construction de la statue de Maitreya. Je mange avec humilité le repas très frugal offert gratuitement. Puis je reviens au perchoir, comme si je reviens d'un grand voyage.
Chez moi, je ne veux que me coucher. Mais mon mari insiste pour partir. Je me suis laissée arracher du perchoir, tout en lui voulant un peu de ne pas me laisser le temps de mettre un peu d'ordre. Mais il fallait bien m'y arracher: du clavier, des affaires en cours, des basques des fils, des péripéties de l'oiselle, etc.
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