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Par téléphone, je disais à mes soeurs le changement de statut de l'oiselle, de mariée à séparée, le plus simplement possible. Ce soir nous sommes allés voir mes parents et tout fut dit en une demie-heure. Dans le clan, ainsi les nouvelles se propagent, par voie officielle ou par les branches. Nous avons opté par le chemin sans détour. Faire le tour du clan, amortir le coup chez les plus jeunes qui ne comprendront pas ...
Par ce beau temps d'automne et ce soleil réchauffant, mon plus jeune frère a téléphoné pour inviter mon mari au golf, mais il ne peut pas aujourd'hui, puisqu'il sert d'élément stabilisateur avec moi, auprès de l'oiselle et, tant se peut, auprès du "old guy" (par opposition au terme de "new guy" que ce dernier utilise pour qualifie le nouveau venu dans la vie de l'oiselle). Elle et lui, ou eux, n'existent plus, ou ne sont plus ce que c'était. Lui s'est attardé à détruire les symboles aujourd'hui. Elle fait ce qu'elle peut dans la séparation des biens, en fait, ils en parlent comme ils peuvent. Nous, les parents, nous étions dans les parages, je veux dire dehors, devant la porte, à poireauter, à tendre l'oreille, à compter le temps et téléphoner pour voir si tout le monde est en vie! J'aime mieux m'inquiéter pour rien avant que trop tard après!
Bref, nous n'avons rien fait d'autre aujourd'hui, à part de tourner autour du nid cassé. Mais nous nous sommes assis quelques minutes sur la terrasse, avec notre tasse de thé. Je ne me suis pas bercée. Nous avons ri quand même un peu, sans être soulagés vraiment.
L'oiselle est partie maintenant vers sa branche dans les profondeurs inconnues des contrées du Québec. Là où elle est, je ne connaîs pas, ni elle d'ailleurs, elle la géologue citadine. Elle qui a choisi le coureur des bois. Et moi qui ne savait pas que je produirai de vrais enfants du terroir, made in Quebec!
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