03 octobre 2003
Déstabilisant!

Ce que j'écris ici ne peut rendre la somme de tout ce qui bouge dans tous les sphères d'activités et de ressentis de ma vie. Parce que je ne veux pas parler des détails de la vie des autres. Alors je m'en tiens à la teinte et au climat de mes jours ... Aujourd'hui, tout ce qui bouge est déstabilisant pour moi!

Matinée tranquille ou je ne fais que retomber en somnolence, quand je prend le livre de Houellebecq dans les mains (celui-là, il est vraiment dur à mâcher!), ou quand je me met devant le clavier, et même devant les journaux (en ligne ou la presse écrite). Je pense bien que je suis épuisée, plutôt mentalement.

Vers midi je me suis préparée de pied en cap, pour aller manger et conduire mes amies de Suisse à leur avion de retour. J'étais toute fraîche et pimpante jusqu'au moment où le téléphone a sonné coup sur coup. J'étais dans l'entrée du restaurant où il y avait une musique exotique (libanaise peut-être, mais ce n'est pas sérieux pour mon interlocuteur), je suis ressortie dans la rue au moment à un camion passait, je suis rentrée dans l'entrée du restaurant voisin mais là c'était de la musique mexicaine. En fin de compte, je me suis réfugiée dans l'entrée d'un immeuble à bureaux où j'ai pu discuter d'une affaire de grande importance financière (non, pas mes finances personnelles mais encore, des affaires collectives et politiques, en vérité). Pour ensuite manger à la course ce que mon mari avait déjà commandé pour moi, puisque lui a mangé et est même parti chercher la voiture pour m'attendre devant la porte. J'ai bien avalé de travers, avant de passer vite à la salle de bain, avec le téléphone qui sonnait encore alors que j'étais sur la cuvette, mais là c'était mon mari qui me pressait! Il m'énerve des fois! Il est vrai que nos amies de Suisse sont réglées comme des horloges suisses, toujours devant la porte de leur gîte à l'heure pile, et mon téléphone qui sonne toujours pour des affaires d'importance aux pires instants! Quoiqu'il ne m'arrive pas encore de traiter d'affaires de millions, assise sur la cuvette!

Circulation dense sur l'autoroute 20, queue d'attente au comptoir d'Air Canada, même si nous arrivons très tôt. Ah, l'autre queue passe avant puisque leur avion parte plus tôt! À quoi cela sert d'arriver tôt alors? Nous avons fini par laisser nos amies dans la ligne d'attente, après maintes adieux et promesses de retrouvailles. Nous partons enfin dans la dense circulation du vendredi, à la sortie des bureaux et industries. Tant qu'à faire, nous voilà déviés sur la route d'Ikéa pour nous acheter un fauteuil de lecture. Dans l'état où je suis, le fauteuil ne valle rien si ce n'est que de ce pouf si confortable pour le repos des jambes! Nous aurions pu nous assoupir là, dans les sofas de la salle de montre! On nous aurait laissés tranquille, vous croyez?

Ce soir, dans un état extrême de déstabilisation et de sentiment d'impuissance, nous avons laissé tomber des billets de courtoisie pour un spectacle d'opérette. Notre fille est occupée ailleurs, notre fils part à Sherbrooke (avec un téléphone cellulaire que papa vient d'activer, en me laissant une adresse et un numéro de téléphone), l'autre fils part jouer au basket (avec deux copains qu'il a invité à la table familiale in extremis), le troisième part aussi voir d'autres copains. Que font des parents "abandonnés", qui sont trop sur le qui-vive pour partir vers notre maison du nord, sans courage non plus pour retourner seuls vers un perchoir vide?

Après un peu d'errance en ville, nous voilà enlignés vers le film "Sous le soleil de la Toscane" avec Diane Lane. Un beau film relégué à une seule salle moche en ville, mais nous avons pleuré et ri. Nous sommes rentrés ensuite apaisés, surtout parce que les deux fils sont tous de retour et le troisième a téléphoné pour dire qu'il est bien rendu à Sherbrooke!

Je rêve aux prochains deux jours de libre pour que je puisse m'échapper de la ville, est-ce trop demander?

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