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Lancer quelques mails avant de partir avec mes amies de Suisse vers le Nord. Depuis quatre ou cinq jours de mauvais temps, je pensais avoir le soleil pour leur montrer les feuilles d'automne chatoyantes dans les arbres, et marcher avec elles dans le bruissement des feuilles jusqu'au lac. Mais non, plafond bas, horizon noir, volutes de brume suspendues sur les montagnes. Tant pis, nous achetons ce qu'il faut et irons vers notre maison du nord. Tiens, du homard à prix d'été! Du homard que je fais bouillir moi-même sous les yeux intéressés et jongleurs des amies, elles qui n'ont jamais mangé tout un homard nature ainsi. Vin, porto et fromages tout l'après-midi devant un feu de foyer bien nourri! Et puis, un petit saut de visite touristique au village alors que le ciel s'est éclairci, quelques photos de circonstance aussi. De retour à la maison, alors que mon mari et une amie font la sieste (chacun de leur côté, je précise, avec toutes les excentricités et les libertés qui courent dans l'air!), l'autre et moi, nous cordons le bois. Nous nous sommes bien débrouillées je trouve, enfin, si les deux cordes de bois ne dégringolent pas dans les mois qui viennent!
Journée agréable, je précise, puisque dans ce temps douillet, nous avons pu parler tranquillement, au lieu d'essayer de montrer du paysage aux visiteuses. Aussi, j'entend encore maintenant le cri (comment appelle-t-on déjà?) des oies au-dessus de moi, descendant vers le sud, en formation. Et ce fragile arc-en-ciel accroché dans les arbres que j'espère avoir réussi à saisir sur pellicule. Et ces bûches bien sèches que j'enfourne dans le foyer, et les autres bien mouillées et noueuses que je corde le long de la maison, ne les brûlant que l'an prochain. Et mon bérêt couleur d'automne, ramené de Paris, et les champignons sauvages dans le gazon. L'automne est bien là!
À 17h55, nous avons fini avec les cordes de bois. À 18h00 nous repartions pour la ville. À 19h00, nous étions au perchoir, cherchant les brochettes de poulet achetées dans le Nord, prévues pour le souper des fils, et oubliées dans le frigo là-bas! Bof! on se débrouille autrement! À 19h30, je partais d'un pas pressé. À 20h00 pile, après galopade et essoufflement, sans pouvoir même passer aux toilettes, nous étions assises, fifille et moi, au théâtre Jean-Duceppe, pour la "Ménagerie de Verre" de Tennessee Williams. Bah! C'était long avant que la pièce décolle, bof, des personnages figés dans le temps, plus du tout actuels. Des personnages qui m'impatientent, des personnages à baffes, si je peux me permettre de sortir de mes gongs! La vie, la vie, elle est où? Pas que pour les autres, j'espère ...
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