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Le relâchement de stress me rend courbaturée! Comme si j'étais battue. Mes pieds, mes jambes me font mal. Je suis un peu chancelante, un peu lente, comme si je remet les pieds sur terre après une expédition en capsule fermée quelque part. Mais je reprend pied en m'habillant confortablement, les pieds bien au chaud, le corps aussi par ma veste matelassée (celle-là que je voulais m'en défaire au printemps!). Et puis je pars faire les petites commissions, quoi de mieux pour reprendre pied dans le quotidien!
À la pharmacie je croise une vieille amie qui n'avait rien dit quand je lui ai passé un coup de fil la semaine dernière, mais là, rencontre fortuite, prêtant flanc à remarque gratuite: "Tu viens ici, mais tu viens pas me voir, sans coeur, alors que je suis juste à côté!"
À midi, nous étions à l'autre bout de la ville, pour un lunch bien simple, à l'occasion de l'anniversaire de ma mère. Je la trouve en forme, sans tic de nervosité mais mon père décline je trouve. Tigre aux yeux voilés, à la démarche un peu hésitante, alors qu'il blaguait il y a pas longtemps, fanfaronnant sur les exploits de jeunesse à la première occasion, ou bien forçant un discours et un toast toujours, chaque fois que nous nous réunissons. Depuis quelques années, il ne rugit plus, mais maintenant, il est presque trop doux!
Je me suis faite plaisir ensuite, passant chez mon bouquiniste voisin de quartier. Non il n'a pas mis la main sur l'autre volume de la Pléïade, complétant le journal de Gide. Mais j'ai acheté onze livres, toujours selon mes attraits divers: L'arbre blessé de Han Suyin (pour le titre et la reliure), les quatre Pagnol à Presses Pocket (vous savez lesquelles, Manon des Sources, Jean de Florette, Le château de ma mère, La gloire de mon père), les Essais de Montaigne (un beau petit livre, à couverture rouge, presque un bréviaire de chevet), deux volumes du journal de Gabriel Matzneff (pour ma collection), le Zubial d'Alexandre Jardin (à la demande de fifille) et deux Michel Houellebecq, Plateforme et Les particules élémentaires. Ce dernier, étant celui que je vais entamer la lecture cette semaine. Il y a quelques jours, en cherchant mes mots pour décrire la foule de détails qui m'habitent, j'avais parlé de particules, de miettes et d'éléments, c'est ainsi que le titre de Houellebecq s'est imposé à moi comme prochaine lecture! Nous verrons bien ce que ça donne!
En fin d'après-midi, sous prétexte d'aller magasiner, j'étais partie boire ... une bouteille d'eau avec ma fille. Reprise de contact, les yeux dans les yeux, les mains dans les mains, mère et fille. Je me rappellerai de ce que nous avons vu sur le ciel cet après-midi: des nuages sur fond de ciel bleu clair, des nuages en flocons comme dans une peinture de Magritte, avec deux pigeons en plein vol, l'un battant des ailes amorçant un virage, l'autre planant tout droit. Et puis, elle s'en va souper avec une copine et moi avec mon mari ...
Sur cete section de la rue Van Horne, six restaurants qui se rivalisent. Nous voilà qui scrutent les menus affichés en façade, cherchant un plat qui titillerait notre palais. Au Tonnerre de Brest la fumée de cigarettes nous chasse, parlons pas des autres qui affichent des prix arrogants, nous aboutissons au Paris Beurre où la table fut excellente. Ce soir, je suis pensive ... Mes courbatures physiques ne sont rien, il y a celles de l'âme ... des autres, des autres toujours, mais moi je suis empathique et sympathique!
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