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Une journée pas comme une autre! Ce matin je parlais au téléphone avec mon amie de Suisse qui sera ici samedi, moi qui a négligé de lui donner des nouvelles, parce que je cours trop mes différents dossiers! Et puis, une réunion plus tard, en revenant au perchoir, je trouvais qu'il fait trop beau pour rester à l'intérieur! Une demie-heure plus loin, je demandais à mon mari avec un parler très montréalais: "Tu veux-tu m'amener prendre une liquoreeee?" Je parlais bien sûr d'une boisson gazeuse! Et lui de répliquer en riant: " Tu parles comme dans les années cinquante où tu amènes quelqu'un prendre une liqueur, aujourd'hui c'est un café!" Bref, je l'ai eu ma liqueur et même des bonbons en gelée ...
À deux pas du perchoir, c'est l'École des Hautes Études commerciales. Nous voilà attablés parmi les étudiants, dans ce grand atrium inondé de lumière, sirotant ma boisson, bouffant les bonbons en devisant très sérieusement de la vision de nos vieux jours! Si nous vivons jusqu'à 85 ans, c'est-à-dire encore 33 ans, comment seront composées ces prochaines tranches de vie? Rien de déprimant du tout, très sereinement ...
Nous prenions ensuite l'ascenseur, montant jusqu'au dernier étage. À chaque arrêt aux étages de dessous, je jette un regard photographique sur chaque impression laissée par chaque détail, de l'autre côté des portes coulissantes. Je ne m'imagine plus dans la peau d'un étudiant, mais j'y vois sûrement un des miens! Déjà, en bas, à la table, en regardant défiler les étudiants dans toutes les directions, mon mari disait: "Dans deux ans, ils seront là, les fils!" Déjà, papa est fier ...
Et puis nous revenons au perchoir, en passant par cette exposition. À deux pas de chez moi, vous dis-je! Revenir à pied, la main dans la main, doucement, avec le sentiment d'être à la bonne place au bon moment!
Après le souper, dans la nuit tombante, nous avons fait, deux heures de route, aller-retour, et deux heures de détente, sur place, dans notre maison du nord! Arrivés dans le hameau, comme sur la pointe des pieds, reprendre le contrôle des lieux tranquillement, comme si nous venions de les quitter dans la journée même. J'ai fait un beau feu de foyer, mon mari a testé un cd en passant par mon ancien ordinateur qui remplit bien son rôle. Bientôt, la musique repousse les limites de la pénombre, alors que le feu crépite ... Nous n'avons presque pas allumé de lumière, l'ambiance y est ainsi doucement enveloppante ...
Au retour, les fils sont là, vaquant à leurs occupations: un fils reprend le judo, après deux ans d'arrêt. Un autre part, ce week-end, en canot-camping. Et l'autre? Au golf, peut-être, avec moi.
Maintenant je suis ici, devant ce clavier, non pas à deux pas, ni deux heures, mais à mille lieues du monde: ceux-là qui écrivent aussi ou qui communiquent par cette toile. En fin de compte, ce clavier est à deux doigts, comme deux pas, comme deux heures... Si loin et si près!
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