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Hier soir, alors que le soir est devenu presque noir, et que l'horizon bleuté affiche encore un soupçon de crépuscule violacé, nous étions partis vers notre maison du nord. Au perchoir, il ne restait qu'un fils qui attend quelques amis, le deuxième étant parti au scout à la campagne, le troisième chez un copain.
L'escapade se précise quand nous avons ouvert le sofa-lit d'en bas pour être couchés devant un gros feu de foyer, au lieu de monter à notre chambre. C'est bien beau mais pas très confortable, alors nous avons terminé la nuit dans notre lit finalement. Cet expérience me fait penser plus loin encore vers le modèle de maison de plein-pied que nous pensons pour nos vieux jours. C'est bien beau avoir un espace tout ouvert et beaucoup de fenestration, mais le soir, on vit à la vue de tout passant, sauf si on tire les rideaux hermétiques partout. Enfin, disons que je concèderai des murs pour la chambre, en plus de la salle de bain ...
Ce soir, de retour en ville, nous regrettons presque d'être revenus, puisque rien ne nous rappelle vraiment, sauf pour ce souper avec les fils, Et puis, humant l'air, s'extasiant devant le bruissement du vent dans les arbres, mon mari me proposa une marche jusqu'à chez ma soeur! Une heure plus tard nous étions rendus. Je suis contente de nous!
Aujourd'hui en fait, nous nous sommes laissés vivre tout simplement. Je suis comme dans le vacuum, après les activités de cette semaine, mais devant la perpective de l'inconnu dans la semaine qui vient. Alors je crâne ou je flâne, dans ce marché aux puces ce matin, dans une boutique de vêtements ensuite et puis ici au perchoir. Sans grande conviction! Mais j'aurai pu m'inquiéter, ou essayer de travailler mes dossiers, non, l'escapade est aussi dans cette volonté de faire une brèche, une halte dans les projets qui s'emballent, pour profiter de l'instant présent.
Ce soir, je lis ... le manuel d'instruction du joujou! Je suis aussi nulle en technologie qu'impatiente de profiter d'un bel outil. Ce soir, je ne m'inquiète guère, ni ne soupire à la nouvelle de la fermeture de la cev. Peut-être que l'annonce faite comme si c'est quelqu'un qui meurt ne m'émeut pas. Peut-être que cela m'arrange de ne plus défiler cette liste de journaux futilement en ne lisant que certains. Peut-être que je découvre la plupart de mes lectures en ligne grâce à tehu, à douze lunes, à karl, alors je ne pense pas perdre grand chose. Quand à mes lecteurs assidus, vous m'avez bien accrochée dans vos favoris j'espère, comme j'écris tous les jours, vous n'aurez pas besoin d'être avertis de mes mises à jour, n'est-ce-pas? Ainsi, vous me lirez en silence et me quitterez sur la pointe des pieds, ni vus, ni connus ...
Pour revenir à la cev, cette "communauté" qui aurait vécu quelques trois ans, c'est déjà assez longtemps pour la virtualité qui érode plus vite que les vagues sur le rocher. Quand aux écrits, ils survivront, et à la virtualité, et à la communauté, du moins les vrais écrits, pas les claviers qui cliquètent, comme un bavardage frivole! Moi, j'ai survécu à l'arrêt du tisserand et de mongolo, depuis, je suis difficile à surprendre! Alors je suis lucide et logique!
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