05 septembre 2003
Fadeur/chaleur

Il y a cette fadeur au goût qui s'installe et que j'attribue à un manque d'appétit. C'est aussi ce goût métallique dans la bouche, comme dû à la prise de ce médicament. Tout comme cette tiédeur qui règne dans la lecture presque machinale d'un petit nombre de blogs et de journaux en ligne. Surtout depuis que j'ai lu quelque part que l'on peut même savoir qui vient les lire et où, et quand et presque comment. Je me sens comme un voyeur attrapé, remettant en question du même coup, mon geste machinal qui n'est presque pas lecteur. Comme il n'y pas de quoi être fier de ma presque lecture distraite, j'en arrive à la conclusion que je n'entrouvrai plus ces portes aguicheuses pour rien. Tout comme je ne me réabonne plus à tous ces magazines que je feuillète tout aussi distraitement.

Ah zut, juste avant de mettre en application cette résolution de non-voyeurisme, je tombe sur une phrase dans un de ces journaux en ligne au bout d'un clic machinal. Une phrase arrimée à rien dans son texte ou son contexte, mais une phrase qui m'interpelle moi, directement. Je vous le cite, comme je ne veux pas y faire de lien: "... C’est moi ou ce sont sur les grosses laides de 50 ans que repose l’industrie des teintures pour cheveux ?" Voyez comme des lectures très distraites peuvent quand même vous interpeller par des mots méchants et gratuits. Quel gaspillage de mots!

Mais je lis quand même, avec plaisir, certains qui communiquent simplement, laissant entrevoir des personnes sensibles et saines, comme Le voltigeur et l'impératrice, par exemple. Il y a aussi tous ces livres que j'accumule ... Si je ne lis qu'un seul par semaine, j'aurai de quoi lire pendant quinze ans. Comme j'achète au moins cinquante nouveaux par année, j'aurai toujours quinze ans de lecture d'avance. De quoi vous rassurez sur mes activités pendant mes vieux jours!

Hier soir, je suis arrivée au début du film Poèmes pour Iris, un film de Richard Eyre, sur la vie de l'écrivaine Iris Murdoch et de son mari, le critique littéraire John Bailey. Un très beau film sur l'amour des mots, sur l'amour tout court, sur l'authenticité et, malheureusement, sur la maladie d'Alzheimer aussi. Un film qui ne me rend pas du tout coupable de m'être couchée très tard!

Pourquoi chaleur déjà, dans le titre du jour? Sans doute voulais-je parler des contacts chaleureux, de ce film vibrant, de la satisfaction des deux parties concernées de mon dossier, de ce collègue/concurrente qui me tient la jambe au téléphone, me piquant une jasette joyeuse. Et aussi de ce joujou que mon cher époux vient de déposer sur le bureau, devant moi. Chaleurs des échanges, des possibilités et des projets ... Mais aussi la chaleur palpable dans le regard de mon fils, dans le baiser de l'autre ... et de l'autre aussi (s'il n'est pas parti encore, comme ce soir!). Chaleur tout simplement pour que la plume ne soit pas triste, pour que les mots ne soient pas, ni une plainte, ni une complainte, mais un chant à la vie qui bouillonne en chacun de nous, hors de cet écran!

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