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Partie toute la journée, sillonnant les rues de la ville, vers l'est, au nord, plus vers l'ouest encore, l'est de nouveau, puis vers le centre nord ... Des voitures, des bouchons, des détails, des choix, des discussions, des opinions ... Une journée pleine ... mais vide, puisque rien de tout cela ne me fait vibrer d'émotions! Je fais, ce qu'il faut faire ... mais à côté de l'essentiel. Je fais un devoir ...
Ce soir, j'ai mangé à ce restaurant végétarien ... une assiette pleine payée au poids ... mais je ne suis pas pleine ... plutôt vide, puisque rien de tout cela ne me comble d'aise! Je me nourris, c'est tout, sans me faire plaisir. Je suis une routine ... Mais j'écoute pour comprendre et je discute encore.
Aujourd'hui j'ai signé un contrat, le plus important depuis longtemps, plein de promesses mais pas encore de gain. Il s'agit de manoeuvrer maintenant ... et bien le faire. Je suis attentive et appliquée, à peine excitée ...
Sous cette apparence de contradiction, je suis seulement détachée. Oui, détachée comme dans détachement, comme dans la distinction entre le bon et le mauvais cholestérol, la nourriture et la bouffe, le dévouement et la passion, la compétence et la frime, le fond et la forme. Comme dans faire et se regarder faire en même temps. Être objet et sujet tout à la fois. Cela empêche de se victimiser ou de s'égocentrer.
Je crois que je touche du doigt à la plénitude du vide tant souhaitée, sans vraiment savoir ce que l'on souhaite vraiment, puisque l'on ne sait pas comment s'y prendre. Comme lorsqu'on essaie de voir l'image en 3D cachée sous l'apparence d'une autre image: on s'approche, on s'éloigne, on retient même son souffle, on louche, on plisse les yeux, on cherche avec intention, on veut trop, on s'applique. Rien! Et puis, sans que l'on s'y attend, voilà, ça y est! Mais ce n'est pas sûr qu'à la prochaine fois, l'image apparaît ni facilement, ni de la même façon ... Tout comme la forme du non-attachement que je trouverai demain ou un autre jour ... Mais je me pratique!
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