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Voilà quelques jours que je ronge mon frein, retardant l'entrée en scène sur le théâtre des opérations d'automne. Déjà? vous dîtes, mais oui, il y a les préparatifs mais aussi le trop-plein non réglé du printemps, et la trêve des vacances, ... Comme le premier du mois tombe un vendredi, j'ai pu tricher quelques jours mais là ... je suis bien dans l'antichambre, l'endroit sans issue sans lumière où l'on est bien seule, bien petite, juste avant la levée du rideau. Comme la dernière gorgée d'eau en coulisses avant le tour de chant.
Pourquoi, vous dîtes, toute cette pression, alors que je suis autonome et libre? Mais pour l'adrénaline, ce bon carburant, qu'il faut savoir doser, sans cela, les actions ne sont qu'une suite d'obligations insipides. Et puis justement, quand on se laisse aller à pratiquer haut et fort l'autonomie et la liberté, on se met à en payer le prix de sa cohérence assumée.
Je ne crois pas au hasard, mais à des paroles dites ou écrites qui passent, non pas parce qu'elles ont été destinées seulement à moi, mais que je m'en fais miennes, quand elles passent au point nommé: "De sociable, enclin à entretenir de bonnes relations avec tout le monde même quand il y a un peu d'abus, vous passerez à autre chose. Sans mettre de côté ce qui a été bon, vous deviendrez plus à votre affaire, plus intéressé à ce qui est Bénéfice et Bénéfique. Un changement à long terme se dessine: celui du Verseau d'affaires, du Verseau pratique. On ne verra peut-être pas vos cartes, mais on saura qu'elles sont bonnes." Je ne suis pas dupe quand même, je sais que ces paroles de l'horoscope servent à me rassurer. J'en ai bien besoin, non pas par manque de confiance, mais parce que le trac sert à ausculter sa propre vivacité.
Vous voyez bien que je suis dans l'antichambre à faire le cent pas des mots, à battre la semelle des phrases, à tourner en rond, en attendant que les heures passent, en ne pratiquant que ce début de discours: "Mesdames et messieurs, bonjour ... Je suis Sally et ..." Comme toujours, quand je serai en scène, mes instincts me guideront ... Mais dîtes-moi quand même bonne chance!
Tout ça pour vous dire, qu'aujourd'hui, je ne fais qu'attendre lundi matin ... Et oui!
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