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Le jour pèse, sans que je sache trop pourquoi. Peut-être la chaleur, ou un vestige de manque de sommeil, ou une journée en dents de scie. Tôt ce matin nous sommes partis vers le nord. Une réunion nous y oblige, et aussi le rendez-vous avec le paysagiste.
Nous avançons comme des funambules. La voiture avance comme malgré nous. Au nid, nous tombons, lui sur le sofa du salon, moi sur celui du côté de la salle à manger, dans les bras des songes. Une heure plus tard, j'entendis une voix: "Il faut y aller, 10h30!" Un petit coup de peigne, la voix rauque, nous voilà partis à l'assemblée. Sur les lieux, quelques voisins (trois fois plus nombreux que l'an dernier) discutent de détails assez simplistes. Je suis trop zoombique pour être impatiente, et puis, profitant de ma présence, les gens ont voulu avoir des nouvelles sur l'autre dossier. Je m'en suis bien sortie, je pense. Bizarre d'entendre mon mari se présenter comme le mari de madame!
Un sandwich vite avalé au resto du village, en compagnie d'une voisine! Et la course vers le centre-jardin dans un village plus loin! C'est maintenant la chaleur de l'été qui pèse, alors que mon pull s'avère trop épais pour le jour. Le jeune paysagiste a été très fiable, c'est lui qui m'avait contactée pour me dire qu'il est prêt à présenter son plan d'aménagement. Aujourd'hui, avec une certaine excitation, je vois des photos, un plan, avec la liste des plantes suggérées par leurs noms latins. Le produit est bien ce que je m'attendais. Il s'agit que je visualise un peu l'ensemble du tableau, que je pense à la réalisation par étapes, pour étaler les dépenses. Tout de suite, il faut faire planter les arbres, mais je ne ferai rien avant les vacances. Il me semble que je ne peux plus rien ajouter de projets à gérer dans mon attirail.
Pour l'instant, il faut courir encore vers d'autres étapes de la journée (j'allais dire obstacles, comme la journée passe si péniblement!). Nous sommes attendus depuis l'avant-midi chez mes parents, où nous commémorons le décès de ma grand-mère paternelle. Nous n'irons même pas à la maison chercher les fils comme nous faisons nous même un souper ce soir à la maison avec nos enfants et le frère de mon mari.
Chaleur écrasante chez ma mère. Les aînés sont sur la terrasse sous le parasol. Les petits pieds galopent toujours, jusqu'au trottoir en avant. Leurs parents rentrent et sortent, bavardent un peu, roupillent beaucoup. Régime d'été en vigueur, tout le monde relâche. Comme nous sommes arrivés en après-midi, une petite tablée nous attend, mais qui peut manger dans cette chaleur. Nous nous efforçons un peu, pour faire plaisir à ma mère le cordon bleu. Et puis nous retournons au perchoir, enfin je peux retirer mon pull trop épais, ma brassière trop juste.
Le beau-frère retarde, le pont Mercier trop bloqué. Le gendre et la fille retardent, leur promenade sur Bernard pèse. Tant mieux, ce n'est qu'à 19h que nous préparons les brochettes. Le beau-frère ne viendra pas finalement. Le soir tombe paisiblement sur ma tablée où mes enfants babillent, nous écoutons plutôt, calmés, enfin arrêtés. Il me semble que cela fait longtemps que je n'ai pas eu une telle tablée, comme je les aime! Je suis plus fatiguée encore que ce matin, mais je suis contente de nous!
La fille disparaît en bas, dans le quartier de ses frères! Le gendre aiguise ses couteaux de cuisine, calmement. J'essaie d'écrire de façon cohérente, sans trop me forcer. Mon mari est déjà au lit, la télé allumée. Il me semble que tout est arrêté, hors de ce petit monde!
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