25 décembre 2002
Pas d'heure du tout

Hier soir, nous avons vu « Gangs of New-York » avant la fondue au fromage. Une chance que ce n’est pas la fondue chinoise! Le film est d’une rare violence, à l’arme blanche. Le méchant est un vrai boucher aux méthodes brutes et sanglantes. Un pan de l’histoire américaine, comme de la conquête des migrants sur le Nouveau Monde, rien à voir avec la folklore de la conquête de l’Ouest. Deux réflexions, la mienne : Comme les racines des américains, riches ou pauvres, sont obscures et récentes! Ce sont les mêmes qui mènent le monde, d’une main brute et directe et conquérante. Celle de mon fils : plus qu’on évolue, plus c’est pareil. La question ne se pose même plus si c’est un bon ou un beau film, si c’est véridique ou bien c’est du cinéma. En autant que cela fait réfléchir, et réagir …

La fondue, le pâté et la bonne bouteille de vin qui suivent nous ramènent au présent où le rideau de mes paupières tombe sur une belle journée. Une belle journée, vraiment!

Aujourd’hui, nous sommes maintenant au milieu du jour, mais ce n’est que l’estimation de l’horloge du temps, tel que tacitement adopté. En fait, je viens de me lever. Je ne me rappelle pas de la dernière fois où j’ai dormi jusqu’à midi passé. Tout le monde passe à la douche, avec le ventre vide que nous ne comblerons pas tout de suite, puisque nous allons mangé plus tard, chez ma sœur de Longueuil, jusqu’à la nuit avancée. Je vous disais bien que ces jours-ci, comme sous bien des toits, l’heure de l’horloge est relative, l’heure biologique bafouée. Il ne reste que l’heure du laisser-aller, c’est-à-dire pas d’heure du tout.

La voiture sera bien pleine tout-à-l’heure, des cadeaux et de nous, bien enveloppés dans le fumet de la dinde fumante (notre contribution à la bouffaille de tantôt). Hier j’ai déjà reçu le cadeau de mon mari : une petite chaîne avec une petite perle achetée dans une bijouterie viêtnamienne. Pour une fois, il s’est débrouillé seul, sans le concours de mes sœurs. Un cadeau pour une petite fiancée, comme il me voit encore je pense. Pour mes fils, je n’ai rien donné comme eux non plus, ne m’ont rien acheté. C’est superflu puisqu’ils ont de tout, moi aussi, je n’ai besoin de rien. Mais nous aurons notre part de l’échange de cadeaux traditionnelle. À ma fille, j’ai trouvé un manteau très dans le vent, et un chapeau très classique (les deux ne se portent pas ensemble!). À mon mari, un cartable de travail fait office de « chien fidèle, meilleur ami de l’homme ». Quand on est nombreux, même si on reste raisonnable, les cadeaux débordent toujours sous le sapin …

Hier la journée m’a si bien comblée que je crains vaguement le déjà-vu d’aujourd’hui : les photos, le galop des petits pieds, la bouffe, les mêmes visages, etc. Comme l’an dernier, et l’année d’avant, comme à chaque année … Mais c’est la tradition que mes enfants chérissent tant : se retrouver parmi le clan, dans le bain du « pas d’heure du tout », jouer et bavarder jusqu’à tomber dans son coin pour dormir un tout petit peu, se réveiller ensemble au matin, bouche pâteuse mais animer du même entrain que la veille, …

Bon, allons-y pour le bain de clan, c’est excellent pour les racines …

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